Thierry Frémaux, le délégué général du festival, a tergiversé longtemps avant de trouver le film d'ouverture. Mercredi, l'auteur désigné, le Brésilien Fernando Mereilles pour L'Aveuglement (Blindness), doutait d'ailleurs que son ouvrage, également en compétition, fût adapté à la pole position. De fait, L'Aveuglement n'aura guère servi que d'échauffement avant les festivités. Malgré le style et l'engagement du réalisateur de La Cité de Dieu et de Constant Gardener. Malgré le best-seller dont il s'est inspiré, un roman du Prix Nobel portugais José Saramago. Malgré une distribution solide menée par Julianne Moore. Il est question, dans L'Aveuglement, de la fin de la civilisation: en quelques jours, la planète est contaminée par une mystérieuse épidémie de cécité. Quelle meilleure mise en bouche pour un festival de cinéma? Sauf que non. Sous son label Nobel, Mereilles ne dépasse pas le stade d'une métaphore-catastrophe basique sur l'Humanité et ses travers. A quand, dans le genre, un vrai film de zombies, tels La Nuit des morts-vivants ou 28 Semaines plus tard, en ouverture à Cannes?