lyrique

Ouverture mitigée et Wagner en attente

Le Grand Théâtre est enfin à nouveau en fonction. «Das Rheingold» a ouvert les feux dans une ambiance particulière

Que s’est-il passé? Aucun tapis rouge, bouquet ou décoration, nul verre d’accueil avant ou après le spectacle donné sans entracte, aucun mot de bienvenue ou discours officiel ne sont venus agrémenter le premier opéra programmé sur la scène de Neuve depuis trois longues années. Le public s’est installé à sa place comme si la dernière représentation datait d’hier.

Un peu réfrigéré par cette réception, le spectateur l’aura aussi été en salle, par une température plutôt fraîche. Et au début du prélude de L’or du Rhin, une résonance grave issue de la nouvelle ventilation est venue couvrir les premières mesures si subtiles de la partition. On peut dire que la réouverture se sera signalée par son minimalisme et des couacs techniques qui devraient, on l’espère, s’arranger très vite après une reprise des lieux historiques réalisée dans l’urgence.

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Belle entente de l'OSR

Sur scène, le prologue du Ring des Niebelungen a repris le cours déjà emprunté il y a six ans. Les Nornes sont apparues, comme alors, avec leur immense pelote dorée sortie du sol, pour dérouler les fils du temps. Et on a retrouvé, entre cubes, tente désertique et envol final de montgolfière sur fond d’arc-en-ciel, l’univers disparate de Jürgen Rose et la mise en scène très signalétique de Dieter Dorn.

Au niveau vocal, à part Christoph Strehl (Froh), Agneta Eichenholz (Freia) et Polina Pastirchak (Woglinde), les onze autres rôles sont tenus par de nouveaux chanteurs, à l’exception de Tom Fox, qui est passé de Wotan à Alberich. Et il incombe à Georg Fritzsch, qui a repris la direction musicale après la version d’Ingo Metzmacher, de mener à terme la reprise de cette tétralogie. Nous en rendrons compte après le Crépuscule des dieux final.

Pour l’instant, on aura déjà apprécié la belle entente de l’OSR, cuivres somptueux et cordes réglées au cordeau, sous la baguette bien articulée mais sans grande effervescence du chef allemand. Les voix, elles, se situent à un niveau très honorable compte tenu des conditions délicates de la représentation. A suivre, donc…

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