« Monter des projets qui ouvrent l’éventail du public me semble nécessaire. Nous vivons une période où les milieux peu proches de notre métier considèrent l’opéra comme élitiste. Pourtant, un côté populaire y a toujours existé. En Italie, malgré la disparition des saisons d’opéra dans les villes de province, chaque chauffeur de taxi peut encore discuter des grands airs. Hélas, ce n’est pas le cas partout. En Allemagne, où le paysage lyrique est incroyablement dense (près de 7000 compagnies étatiques ou régionales), l’opéra est encore loin d’atteindre toutes les couches sociales. En Suisse, nous connaissons un peu le même régime. Le travail théâtral contemporain questionne depuis longtemps les formes traditionnelles d’espace et de structure. Concernant «La Bohème en Banlieue», je me demande seulement si un contexte et des moyens d’une telle envergure ne trahiront pas l’intimité du drame de Puccini. »