Leur mission: détruire une antenne installée par les Allemands dans l’église d’un petit village normand afin de faciliter le débarquement des troupes alliées, un fameux 6 juin 1944. Parachutée en territoire ennemi, voici une phalange de soldats américains bien décidés à risquer leur petite vie pour le bien de la grande histoire. Pas de bol, voici qu’ils se retrouvent face à des nazis qui, en plus d’être des brutes sanguinaires, sont en train de lever une armée de zombies aux superpouvoirs! Voilà, voilà… Tout ça pourrait être distrayant si le côté série B – voire Z – de ce film de guerre fantastico-horrifique était assumé. Or ici, c’est pour un ton garanti 100% premier degré qu’a opté le réalisateur australien Julius Avery, qui signe avec ce navrant Overlord son deuxième film après le remarqué Son of Gun.

Y a-t-il quelque chose à sauver dans ce long métrage qui, à force de se prendre au sérieux, se prend méchamment les pieds dans le tapis? Peut-être sa séquence d’ouverture, spectaculaire, oppressant huis clos dans un avion pris sous les feux allemands. Et qui va voir une bonne partie des soldats transportés éparpillés façon puzzle, avant même qu’ils n’aient pu imaginer pouvoir tenter d’ouvrir leur parachute. Mais très vite, donc, on déchante. Difficile de trouver un quelconque intérêt à un récit qui ressemble à une tentative de croisement expérimental entre le Spielberg d’Il faut sauver le soldat Ryan, le Tarantino d’Inglourious Basterds et les productions Roger Corman, mais qui ressemble au final à un indigeste gloubi-boulga.

Julius Avery explique avoir toujours rêvé de réaliser un film se déroulant durant la Seconde Guerre mondiale en souvenir de son grand-père, vétéran de la campagne d’Afrique du Nord. Réaliser un film aussi vain et sans aucun ancrage historique, alors qu’il aurait pu au moins être amusant, n’était certainement pas la meilleure façon de lui rendre hommage.


Overlord, de Julius Avery (Etats-Unis, 2018), avec Jovan Adepo, Wyatt Russell, Pilou Asbæk, Mathilde Ollivier, 1h50.