Christophe Gans ose, dans un cinéma français trop souvent englué dans la paresse esthétique post-Nouvelle Vague, le pari de l'aventure au carrefour de cinémas disparus (cape et d'épée à la française, divertissement à l'italienne et envolées visuelles à la hongkongaise). Son pari consistant effectivement, d'après la légende de la bête du Gévaudan, à épater et à émerveiller, il est totalement réussi. Le cinéma européen propose trop rarement un soin pareil, une «décomplexion» si totale devant le grand spectacle et, s'il vous plaît, sans la distance facile du second degré. Le réflexe littéraire du Vieux Continent privilégiera toujours le fond sur la forme, exigeant d'un film l'équivalent d'un roman existentialiste. Mais combien de poses d'auteur aboutissent ensuite à de mauvaises bédés bavardes style Lauzier? Pour une fois qu'un cinéaste français aboutit à une gigantesque bande dessinée en l'ayant voulu dès le départ, il faut, honnêtement, l'applaudir.

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