Festival

Paléo, banquet garni

NTM, Franz Ferdinand, Gossip, Peter Doherty… le plus grand rendez-vous musical de Suisse aligne dans son programme les têtes d’affiche de l’opulence. L’orgie de musique ouvre le 21 juillet, la course au billet dès mercredi prochain.

Il aura fallu attendre 37 ans pour que le syndic de Nyon concède sa présence lors de la présentation officielle d’une affiche de Paléo. Daniel Rossellat est le premier, et lorsqu’il prend la parole mardi matin dans les locaux du festival, on ne sait plus vraiment quelle casquette couvre son chef. Sa chemise, estampillée Paléo, oriente les pensées: le premier citoyen de la ville vaudoise est redevenu le fondateur et directeur du plus grand festival de Suisse, et il est là, face à la presse, pour lever le voile de l’édition qui se tiendra du 21 au 26 juillet prochains. De quoi est-il fait, ce banquet qu’attendent les mélomanes? Des composantes traditionnelles qui ont conféré de la solidité au rendez-vous. Soit une dose conséquente de stars mondialement reconnues, d’une présence forte de l’expression musicale made in francophonie, et d’un zeste de propositions qui se veulent – sans l’être toujours – audacieuses, celles qui devraient pousser le public à découvrir les nouveaux visages de la scène.

Les locomotives de cette 34e édition sont nombreuses et, dans la plupart des cas, elles incarnent ce zeitgeist qu’il est bon de flairer lorsqu’on est programmateur. Il y a la part de convenu, avec des noms faits pour fédérer le plus grand nombre: Amy MacDonald, Moby, Francis Cabrel (une première) ou Benabar. Il y a aussi les stars qui savent comment lorgner à la fois vers les passionnés des musiques de niche et du côté de ceux aux goûts tout-terrain. Cette case hybride est occupée notamment par Franz Ferdinand, Keiser Chief, Peter Doherty, Ayo ou Charlie Winston.

L’audace, elle, demeure une orientation que Paléo prend avec parcimonie. La plaine de l’Asse n’a jamais hébergé les représentants des chapelles avant-gardistes, cela ne fait pas partie de son pedigree. Mais on y croisera néanmoins quelques formes de radicalité cette année encore, avec des figures rares et intenses. Gossip, de la savoureuse Beth Ditto, en fait partie, tout comme le duo de NTM, qui revient à Nyon après douze ans d’absence, ou encore The Prodigy ou la formation new-yorkaise TV On The Radio, dont les labyrinthes musicaux demeurent toujours passionnants. A cela, il faut ajouter des histoires esthétiquement moins pointues mais qui attirent l’attention par le talent et les attentes dont elles sont porteuses. Hugh Coltman et Peter von Poehl sont parmi les ambassadeurs le plus brillants de cette écurie.

La scène suisse, autre pilier qui ne cesse de grossir à Paléo, se décline essentiellement au féminin. Parce que les plus belles réalités helvétiques s’appellent Sophie Hunger – dont le succès se confirme hors frontières – Heidi Happy et Evelinn Trouble. Trois dames qui font du bien au paysage national et qui seront de la partie. Les contrées lointaines auront, elles, les couleurs de l’Inde, qui s’invite dans le festival autoporteur qui se déploie au Village du Monde. Dans son enceinte, on y croisera Trilok Gurtu, Kiran Ahluwalia, Raghunath Manet, et d’autres artistes qui bâtissent des passerelles avec l’Occident.

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