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Jacques Monnier, programmateur, lors de la conférence de presse du mardi 20 mars 2018.
© JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Festival

A Paléo, on maîtrise l’art du grand écart

A défaut d’une superstar fédératrice, la 43e édition du festival vaudois propose un programme dense et équilibré ne laissant aucun genre sur le carreau

Il y a une année, toute l’attention s’était cristallisée autour de la venue événementielle des Red Hot Chili Peppers, avec à la clé le plus gros cachet jamais payé par le festival. Mais quatre mois plus tard, le concert des Californiens n’avait pas été à la hauteur des folles attentes, tout en générant des mouvements de foule inquiétants. Car ce soir-là, tout le monde voulait voir la bande à Anthony Kiedis.

En ce début de printemps glacial et venteux, le Paléo Festival a dévoilé un programme duquel aucun nom ne se détache totalement. Cependant, les têtes d’affiche ne manquent pas. En premier lieu, Depeche Mode. Douze ans après un concert à la fois extrêmement pro et furieusement sauvage, le trio anglais sera de retour sur l’Asse et c’est une excellente nouvelle, tant son électro-rock est de ces musiques qui déchirent la nuit.

Quelques mois après sa première incursion en terres romandes, Gorillaz sera également de la fête pour une performance qui s’annonce déjà comme l’une des plus essentielles de la semaine nyonnaise. Emmené depuis la fin des années 1990 par le génial Damon Albarn (Blur), seule icône britpop à avoir su se renouveler en multipliant les projets excitants et en métissant ses productions d’influences world et urbaines, le groupe est, sur scène, d’une présence sidérante.

Huitième fois pour Lavilliers

Quelques autres têtes de gondole? Citons Lenny Kravitz, MGMT, The Killers, Emir Kusturica & The No Smoking Orchestra, Indochine, Jamel Debbouze ou encore OrelSan, récent triomphateur des Victoires de la musique. Autant de noms qui incarnent le grand écart réalisé une fois de plus par Paléo. Cet été, l’équilibre entre les genres et les générations (exemple avec tant Suprême NTM que Bigflo & Oli au rayon rap) semble plus que jamais excellent. Et pour ceux qui entonneront le sempiternel refrain «c’est du réchauffé», le chamane Daniel Rossellat a une réponse toute prête: 83,9% des artistes programmés, autant être précis, ne sont jamais venus à Nyon. A l’extrême inverse, le vétéran Bernard Lavilliers fêtera son huitième Paléo!

Et à ceux qui ne manqueront pas de trouver cette 43e édition tiédasse, on pourrait aussi conseiller ceci: désertez les abords de la grande scène, décollez-vous des bars et allez faire un tour du côté des espaces annexes, où les découvertes seront multiples. Tant en chanson au sens large (Vendredi sur Mer, Angèle, Clara Luciani et «la» grande révélation de l’année Eddy de Pretto) qu’en rock (Algiers, Superorganism, Idles, Declan McKenna), en hip-hop (Lorenzo et Little Simz, une jeune Anglaise au flow tranchant et aux arrangements telluriques), en électro (Bicep et la jeune DJ russe Nina Kraviz) ou en musiques du monde (Tshegue, 47Soul et tous les invités du Village du monde, dédié cette année à l’Europe du Sud), très nombreux seront les artistes encore méconnus ou ne bénéficiant pas sous nos cieux d’une renommée importante.


Le 43e Paléo Festival, du 17 au 22 juillet. Mise en vente des billets le mercredi 28 mars à 12h.


L'année passée: des déceptions mais un public fidèle

L’année passée, à la clôture de la 42e édition, les organisateurs se sont félicités d’une semaine musicale réussie, sans accrocs techniques ni d’ordre sécuritaire. Ils ont surtout remercié un public «fidèle, curieux et tolérant». Tolérant par exemple avec un Renaud «un peu triste», qui a tout de même reçu samedi «une énorme dose d’amour et d’émotion de la part du public et est reparti heureux», a indiqué Jacques Monnier.

Fidèle aussi, malgré sa déception après la performance plutôt fade des Red Hot Chili Peppers, le mardi soir. «Ça n’a pas cannibalisé la fréquentation des autres concerts», a assuré Daniel Rossellat.

Souvenirs: notre galerie photo de l'édition 2017.

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