Musiques

Au Paléo, un pari hip-hop réussi

Le festival nyonnais tirait dimanche un bilan positif de la cuvée 2018, se réjouissant du brassage culturel qu’a provoqué la venue de rappeurs comme Bigflo & Oli ou Orelsan

Orelsan, Nekfeu, Bigflo & Oli, NTM, Roméo Elvis… Cette année plus que jamais, le Paléo a vibré au son du hip-hop. Une dizaine d’artistes du genre, essentiellement francophones, ont déversé leurs flows plus ou moins turbulents sur la plaine de l’Asse, prenant pour la première fois le pas sur le rock et la chanson.

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Au moment du bilan, les organisateurs se félicitent. Emblématique de ce succès, le concert d’Eddy de Pretto, pourtant programmé à 17h30 mercredi, a réussi à attirer 15 000 spectateurs aux Arches. Le pari n’était pas gagné d’avance. «Au moment de la sortie du programme, une partie de notre public adulte nous a dit ne pas s’y retrouver, note Jacques Monnier, programmateur du festival. Mais leurs enfants, eux, étaient enchantés! Au final, malgré leur mauvaise réputation, ces concerts font le show, ils mettent une super ambiance qui plaît même aux non-initiés.»

Avec des adultes qui s’initient au rap mais surtout une ribambelle d’enfants et d’ados sur le terrain (ils étaient 2500 pour acclamer les frères toulousains Bigflo & Oli), la fracture générationnelle est dépassée. Et le public renouvelé. «Evidemment, nous avons un souci de pérennité, précise Jacques Monnier. Nous visons aussi les festivaliers de demain.» La place du hip-hop dans l’édition 2019 dépendra cependant avant tout de la disponibilité des artistes, qui émergent et disparaissent particulièrement rapidement dans le domaine du hip-hop.

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Réaménagements importants

Les différentes scènes, tout comme le Village du Monde, dédié cette année à l’Europe du Sud, ont connu une «excellente fréquentation», s’est réjoui Daniel Rossellat, qui en a profité pour annoncer que le Québec serait à l’honneur l’an prochain. Une édition 2019 qui s’annonce logistiquement délicate, puisque les trains Nyon-Saint-Cergue auront installé d’ici là leur dépôt sur une partie du terrain du Paléo. «Cela demandera des réaménagements importants. Mais nous allons transformer cette contrariété en opportunité», a assuré le directeur.

Daniel Rossellat en a profité pour remercier les collaborateurs du Matin, journal partenaire du festival pendant de longues années, qui a imprimé sa dernière édition ce week-end: «Nous avons besoin de cette couverture culturelle, de la mise en valeur de notre vie artistique», a-t-il souligné.

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