Pourquoi l'Orfeo de Monteverdi a-t-il fondé la musique baroque? Que sont la follia et la stavaganza que Vivaldi a stipulées en tête de ses concertos? Et par quelles innovations Clementi a-t-il fondé le style pianistique moderne? Questions de spécialistes, certes, qui se découvrent pourtant aisément à la lecture de dix courtes monographies, publiées par les Editions Fayard. Dans ces essais où biographies, histoire des idées et musicologie se croisent, ce sont trois siècles de miracle à l'italienne qui s'esquissent, sous les plumes pointues de Marc Vignal ou Philippe Beaussant.

Du XVIe au XVIIIe siècle, en effet, la Péninsule renouvelle continuellement le son. D'abord dans la musique d'église des Gabrielli et Palestrina, qui déploient à la Renaissance leur puissance polyphonique. Dans l'inventivité révolutionnaire de Monteverdi ensuite, ou les dissonances avant-gardistes de Gesualdo. Dans l'opéra enfin, qui s'empare dans l'effervescence de centres comme Venise, dès le début du XVIIe siècle.

Par le biais du portrait, ces dix ouvrages ont le mérite de rendre leur matière accessible, sans pour autant romancer ces chapitres fondateurs de la composition occidentale. Cette initiative est à l'image d'un autre projet musical: celui des Folles Journées de Nantes qui rassemblent la crème européenne des interprètes. Pour l'édition 2003, la ville concentre en cinq jours des centaines de concerts pour retrouver l'effervescence vénitienne du XVIIIe siècle.

Collection Mirare, dix titres parus (Scarlatti, Gabrielli, Pergolèse, etc.),

Ed. Fayard, de 92 à 130 p.

Les Folles journées de Nantes, du 22 au 26 janvier.

Rens. 0033/2 51 88 20 00;

http://www.lafollejournee-nantes.com