Les choix d’Eléonore Sulser

Jean Echenoz, Des Eclairs , Minuit, 175 p. La vie de Gregor, savant immense et showman hors pair est un magnifique feu d’artifice de mots. Elisabeth Filhol, La Centrale , P.O.L, 143 p. Un premier roman d’une concision et d’une précision remarquables qui décrit le travail des hommes au cœur du nucléaire. Images d’une terreur sourde et blanche. Christophe Pradeau, La Grande Sauvagerie , Verdier, 155 p. Prose touffue et dense comme la forêt du Limousin où il commence. Entre conte mystérieux et enquête policière. Ménis Koumandarèas, La Femme du métro , traduit du grec par Michel Volkovitch, Quidam, 76 p. Histoire d’amour entre une femme mariée et un jeune étudiant. Un récit parfait, limpide, bref, entêtant. Duong Thu Huong, Roman sans titre , traduit du vietnamien par Phan Huy Duong, Sabine Wespieser, 320 p. Un soldat du Nord-Vietnam rentre chez lui, le temps d’une permission. Epopée initiatique à travers la jungle, les bombes, d’agent de liaison en amours perdues.

Les choix d’Isabelle Rüf

Catherine Lovey, Un Roman russe et drôle , Zoé, 290 p. Pour l’humour, la maîtrise du récit et la fascination pour la Russie d’aujourd’hui, à travers la figure de l’oligarque Khodorkovski. Arno Camenisch, Sez Ner, trad. de Camille Luscher Editions d’en bas, 280 p. Le premier livre d’un jeune auteur, rude et beau récit d’alpage. Une performance linguistique en édition trilingue: romanche, allemand et français! Olivier Cadiot, Un Mage en été, P.O.L, 156 p. La virtuosité verbale au service d’un récit drôle, nostalgique, rythmé, poétique, sonore et toujours surprenant. Gonçalo Tavares, Apprendre à prier à l’ère de la technique , trad. de Dominique Nedellec, Viviane Hamy, 336 p.Naissance, ascension et chute d’un possible potentat, par un auteur portugais d’une intelligence aiguë. Rosenthal, Que font les rennes après Noël?, Verticales, 240 p. Un roman de formation qui se marie subtilement à une enquête sur notre rapport aux animaux. Attachant, original.

Les choix d’André Clavel

J.M. Coetzee, L’Eté de la vie , trad. de Catherine Lauga du Plessis, Seuil, 320 p. Où le Nobel 2003 imagine sa propre mort avant de mettre en scène ses fantômes et ses amours, avec une auto-ironie décapante. Nam Le , Le Bateau (trad. de France Camus-Pichon, Albin Michel, 355 p.). Entre Vietnam, Australie et Amérique, se croisent des personnages déracinés, en quête de terre promise. Une découverte. Per Olov Enquist , Une Autre Vie , trad. de Lena Grumbach et Catherine Marcus, Actes Sud, 480 p. Per Olov Enquist raconte comment l’écriture l’a miraculeusement sauvé de la dépression et de l’alcool. William Boyd , Orages ordinaires , trad. de Christiane Besse, Le Seuil, 480 p. Métamorphose d’un quidam égaré dans Londres: méditation subtile sur fond de polar. Amitav Ghosh , Un Océan de pavots , trad. de Christiane Besse, Robert Laffont, 590 p. Tableau remarquable de l’Inde de la fin du XIXe siècle, où des personnages arrachés à leur terre sont contraints d’affronter les mers.

Les choix de Libeth Koutchoumoff

Michel Houellebecq, La Carte et le territoire , Gallimard, 450 p. Le portrait de l’Occident hagard avec des personnages qui entraînent une empathie immédiate.

Thierry Vernet, Nicolas Bouvier, Correspondance des routes croisées, Zoé, 1654 p. Il faut se nourrir à l’amitié qui unissait Nicolas Bouvier et Thierry Vernet, elle peut illuminer n’importe quel hiver.

Iqbal Ahmed, Tristesses de la lune, trad. d’Eloïse Brezault et Catherine Tymen, Zoé, 188 p. Une façon inoubliable de parler des tremblements et fissures qu’engendre l’immigration.

Dominique Barbéris, Beau rivage, Gallimard, 176 p. Dans une station de montagne, une femme entrevoit fugacement un autre amour possible.

Anton Tchekhov, Sorcière, trad. de Françoise ­Darnal-Lesné, L’Herne, 106 p. Deux nouvelles inédites en français, deux perles fines à prendre partout avec soi.