Carnotset, définition: «petite cave aménagée où l’on stocke et déguste du vin entre amis», dixit le dictionnaire. Et où l’on écoute de la bonne musique, pourrait ajouter le PALP. Car c’est avec une ribambelle de concerts dans les carnotsets de Sierre que s’achève, ce week-end, la 11e édition du festival valaisan. Un événement initialement prévu en juin avant d’être repoussé à l’automne, afin de permettre à ces lieux intimistes d’accueillir le plus possible de joyeux drilles. Et de boucler en apothéose cinq mois de réjouissances entre plaine et cimes.

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Une fois encore, le PALP a tenu bon. Ce, malgré les conditions météo, instables, et celles, acrobatiques, de l’été pandémique entre plans de protection en constante évolution et public auquel il a fallu imposer le certificat covid (adopté pour une partie des événements du PALP seulement). «On naviguait à vue, confirme Michel May, responsable presse du festival. Heureusement, on avait l’expérience de l’an dernier qui nous avait appris à nous adapter. Et à rester zen.»

Radeaux et wagons

La souplesse, c’est le maître-mot de l’équipe du PALP, qui a fait des événements protéiformes en extérieur, mêlant saveurs du terroir et grain de folie, sa marque de fabrique. Le covid ne l’a d’ailleurs pas empêchée de lancer de nouveaux formats. Comme les Salons flottants, radeaux artisanaux largués sur le lac du Louché, à Lens, d’où les festivaliers ont pu déguster la folk bluesy d’Alice Phoebe Lou en juillet. Ou le projet Gorgeous, en septembre, qui a vu cinq groupes se produire depuis un wagon ouvert surplombant les gorges du Dailley près des Marécottes.

Si le concert de Pomme, niché au milieu des vignes dans la combe de Fully fin mai, n’a profité qu’à quelques centaines de festivaliers (les billets se sont arrachés en une demi-heure, au point de saturer le site internet du festival), les jauges ont pu être progressivement élargies au fil de l’été. De quoi mieux amortir les dépenses logistiques – de celles qui ont permis de monter un concert de José González à 3000 mètres d’altitude, à la cabane des Becs de Bosson. Financièrement, le festival ne s’en sort finalement «pas mal», note Michel May. «Les annulations de gros groupes nous ont aussi permis de faire quelques économies.»

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Au total, ce sont quelque 20 000 spectateurs qui ont arpenté les terres valaisannes, des sommets du val de Bagnes au château de Venthône. Et ce n’est pas tout à fait fini. Samedi et dimanche, le quartier de Muraz, à Sierre rouvre les portes de ses caveaux et cartnotsets. Une dizaine de lieux, feutrés et festifs, où s’invitent une centaine de performances.

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Au programme, des concerts de groupes suisses pour la plupart, du rock des Zurichois d’Annie Taylor à la pop électro de Verveine en passant par la Fender électrisante du Neuchâtelois Félix Rabin. Quant aux amateurs de belles-lettres, ils pourront chiner des lectures proposées par l’Association des écrivains valaisans. Bref, un mini-festival pour conclure le grand qui, moyennant la présentation du certificat covid à l’entrée, invite à une dernière déambulation spontanée.


Carnötzet, Sierre (quartier de Muraz). Sa 23 jusqu’à 23h et di 24 octobre de 11h à 19h.