Samedi prochain, la 10e édition du PALP Festival devait se poursuivre du côté de Martigny, avec l’installation d’une forêt éphémère dans les espaces de la Distillerie Morand. Avant, en guise de grand final, un bal masqué au château de Venthône. Las, la recrudescence des cas de Covid-19 aura eu raison de ces ultimes événements, qui ont été annulés avant même que le gouvernement valaisan n’annonce une nouvelle fermeture des lieux de culture et de divertissement.

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Malgré la déception d’un baisser de rideau prématuré, malgré la fatigue inhérente à des mois d’incertitudes, de réajustements, de réinvention et de tâches administratives démultipliées, Sébastien Olesen tire un bilan positif du 10e PALP. «Même si une analyse à froid aurait pu nous pousser à annuler et à demander toutes les aides possibles, il nous semblait important de maintenir cette édition anniversaire», souligne le directeur de la manifestation pluridisciplinaire valaisanne, qui s’est fait une spécialité de mettre sur pied, dans tout le canton, des propositions inédites, à l’image des désormais incontournables Rocklette et Electroclette.

Pertes limitées

Avec un total de 14 000 spectateurs pour une trentaine de dates échelonnées de juin à octobre, le PALP restera comme un des événements culturels ayant le moins souffert de la pandémie. Sébastien Olesen annonce un chiffre d’affaires de 1,6 million de francs environ, soit une légère baisse par rapport à 2019, alors qu’au vu de la popularité du festival, une nette croissance avait été budgétisée. Les pertes devraient être limitées, grâce notamment au soutien de sponsors et partenaires fidèles.

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Dans la limite des jauges possibles, tous les événements ont affiché complet. Les plus importants, à savoir les programmations rock et électro accompagnées de raclette, ont à chaque fois accueilli 600 personnes, divisées en deux groupes de 300. Le directeur se réjouit que les gens aient bien joué le jeu des mesures sanitaires, et surtout de n’avoir eu aucun cas de positivité au covid à signaler, ce qui en termes d’image aurait pu s’avérer désastreux. Parmi les moments de grâce, on retiendra un concert de Sophie Hunger à 3000 mètres d’altitude, à la cabane des Becs de Bosson, et la performance d’Erik Truffaz au Jardin de la Préfecture, à Sion. Au vu de l’offre culturelle plus que ténue cet été, le PALP a reçu énormément de demandes de spectateurs frustrés et aurait pu vendre «des milliers» de billets en plus. De bon augure pour son avenir. Une exposition sonore organisée dans le village de Bruson, avec notamment une installation proposée en collaboration avec Le Temps, a également été un franc succès.

Capital sympathie

Alors que pour les grands festivals la saison 2021 s’annonce extrêmement difficile, voire à nouveau blanche, Sébastien Olesen pourra cette fois jouer la carte de l’anticipation et mettre sur pied une programmation tenant compte de l’évolution de la situation sanitaire. Le PALP a également comme atout économique de ne travailler qu’avec des artisans et producteurs locaux, notamment en matière de vin et de fromage. «Notre capital sympathie est fort, se réjouit le directeur, que ce soit auprès de la scène suisse et internationale, ou, sur un plan politique, des communes.»