Panoramas chinois de Claude Hudelot

Ils sont tous alignés, costume sombre, jambes droites, mains sur les cuisses. Ils sont des centaines, parfois des milliers. Au centre, généralement vêtu d’une autre couleur, un genou sur l’autre et les bras croisés, Mao. Les panoramas chinois en disent long sur le fonctionnement du régime. Chaque image révèle la position de ceux qui s’y trouvent – du simple bureaucrate jusqu’aux plus hauts représentants du parti, du gouvernement et de l’armée – plus ou moins proches du président de la République populaire.

«Au moins ils y sont! sourit Claude Hudelot, historien de la Chine contemporaine et collectionneur de ces portraits de groupes, entre autres chinoiseries. Ces clichés sont intéressants de par leur formalisme; ils sont extrêmement rigides, le décor et les tenues sont codifiés, la séance se pratiquait tous les 1er mai ou 1er octobre, comme un rituel. Un jour, Deng Xiao Ping est assis à côté de Mao, le lendemain, il ne figure plus dans le cadre. Ces images permettaient au pouvoir d’exprimer sa puissance, à travers le nombre de figurants, la durée de la cérémonie…»

Le panorama, miroir de la bureaucratie céleste. Bureau DesLices,jusqu’au 21 septembre.

Rencontres d’Arles.