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La côte Pacifique à Big Sur, Californie, où Henry Miller a trouvé refuge dès 1947.

Caractères

Au paradis avec Henry Miller

CHRONIQUE. L’été est si beau qu’il faut des livres pour le savourer encore plus

L’été est si beau qu’il faut des livres pour le savourer encore plus. Après Georges Haldas la semaine dernière, voici un autre compagnon idéal: Henry Miller. Comme le poète genevois, l’écrivain de Brooklyn a chanté la lumière des îles grecques. Quand il est arrivé en Grèce, en 1939, Henry Miller voulait avant tout prendre des vacances. Il embarque à Marseille et à peine arrivé au Pirée, il comprend qu’il ne pourra plus quitter cette lumière qui le douche et l’embrasse tout à la fois. Le choc ressenti est tel que l’écrivain a l’impression d’ouvrir les yeux pour la première fois, de «sentir tout son être intérieur se dilater». Jamais plus il ne supportera l’étroitesse du monde moderne. 

A peine neuf mois plus tard, la guerre l’oblige à quitter ce qu’il nomme un paradis. Et c’est à New York qu’il écrit le récit de son séjour hellène, Le colosse de Maroussi. Le titre ne désigne pas un vestige antique mais le poète grec George Katsimbalis qu’Henry Miller a rencontré, écouté, suivi. 

Les Editions Buchet/Chastel ont réédité ce chant d’amour à la Grèce en 2013. Ce printemps, c’est l’autre paradis d’Henry Miller qui est reparu, Big Sur ou les oranges de Jérôme Bosch. Après dix ans en Europe, Henry Miller décide de redécouvrir son pays. Il prendra une année pour sillonner les Etats-Unis du nord au sud. Ce qu’il découvre l’accable et le révulse: course cynique à l’argent, à la gloire, à l’ivresse technocratique. De cette tournée inquiète, il tirera le fameux Cauchemar climatisé.

Mais après quelques détours qu’il n’est pas utile de rappeler, Henry Miller retrouve la lumière. A Big Sur, en Californie. Quand il s’y installe en 1947, la route qui longe l’océan, la State Road 1, n’existe que depuis une dizaine d’années. Dix-huit ans de travaux pour percer les falaises et permettre un accès à ces balcons vertigineux au-dessus du Pacifique. Là, une centaine d’individus, en marge, artistes ou pas, entendent mener une vie différente. Il faut lire Miller décrire la puissance de ce paysage, la force océanique qui imprègne tout. «Tout ici est si attirant, si spectaculaire, si total, que vos émotions en sont d’abord étranglées.» Il faut le lire aussi évoquer ce qu’il appelle le «désir de paradis» et qui selon lui a déserté les humains.

Plus proche de nous, Jean-Pierre Rochat poursuit son «Journal d’un lecteur en été», avec un récit torride dans une librairie bâloise. Dans la série «Roman fleuve», c’est le Congo que Julien Burri descend avec Joseph Conrad. Et c’est Arthur Brügger, cette semaine, qui relève le défi d’écrire une nouvelle policière dans le cadre idyllique d’un lac helvétique.

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