Exposition

Parcours poétique dans des images truquées à Fri-Art

Les courts métrages de João Maria Gusmão et Pedro Paiva sont présentés sous forme d’installations

Le bruit des projecteurs de cinéma qui vous poursuit de salle en salle, et des films, en 16 et 35 mm, dont le silence, les rythmes, les sujets, vous emmènent dans une autre époque, celle des premières images en mouvement. L’exposition fribourgeoise de João Maria Gusmão et Pedro Paiva est pétrie de nostalgie. Les artistes portugais expérimentent, comme au temps plus lointain encore des camerae obscurae – il y a en une dans l’exposition –, des lanternes magiques et autres amusements de salons où brillaient les savants autant que les poètes.

Trois soleils

L’ambiance un peu fantomatique participe à ce «trilemme», version augmentée du dilemme, qui sous-titre l’exposition. A propos de la réalité filmée, à propos de son image, tant de doutes surgissent. Comme dans cette vision platonicienne de trois soleils au-dessus des flots, vus depuis une grotte.

Pour ces artistes qui ont représenté le Portugal à la Biennale de Venise de 2009, il ne s’agit pas d’en mettre plein la vue avec la technologie mais de rendre la poésie des trucages. Une simple coquille d’œuf suspendu à un fil tourne devant la caméra et l’on reste médusé devant la série d’images que produit le jeu des ombres. On voit le soleil, la lune peut-être, un œil aussi. D’ailleurs, ce film de moins de trois minutes s’appelle Eye Eclipse.

Un aveugle africain mord dans une papaye, un bateau passe devant des chutes, ou encore des roues dentées, des liens de cuir, des vrilles s’entrecroisent comme les escaliers de Piranese. Tout est empreint de fantastique dans ces films complétés par quelques photographies et sculptures. Comme cette image de chute de chat passant devant une fenêtre à laquelle fait écho une sculpture en bronze de «chat volant». João Maria Gusmão + Pedro Paiva. Fri-Art, Fribourg. Me-ve 12h-18h, sa-di 14h-17h, je 18h-20h, jusqu’au 28 octobre. www.fri-art.ch

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