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La Biennale Paris, anciennement Biennale des antiquaires, se déroule sous la nef du Grand Palais.
© Bertrand Rindoff Petroff/Getty Images

Marché de l’art

A Paris, la Biennale des antiquaires fait peau neuve

Evénement parisien du mois de septembre, la Biennale des antiquaires, désormais annuelle, est à la recherche d’un second souffle. Ses atouts pour reconquérir le cœur des collectionneurs? Luxe, glamour, qualité des œuvres d’art et sécurité des transactions

Née en 1956, la Biennale des antiquaires est la doyenne des foires et salons internationaux. Une «doyenne» quelque peu perturbée par l’évolution des goûts des collectionneurs de plus en plus portés vers l’art moderne et contemporain mais aussi par l’âpre concurrence internationale à laquelle se livrent, sur un calendrier de plus en plus touffu, les organisateurs de ces grands shows.

Pour retrouver un nouveau souffle après une édition 2016 marquée par une nette baisse de fréquentation, son organisateur, le Syndicat national des antiquaires (SNA), a voulu frapper fort en mettant en œuvre plusieurs changements importants. L’annualisation du salon, votée en 2015, est désormais effective. «Face à la concurrence, cela nous permettra d’occuper davantage l’espace médiatique», glisse Mathias Ary Jan, le président du SNA.

La manifestation est désormais plus courte (une semaine) et le nombre de marchands plus resserré: 94 exposants, contre 123 l’an passé. Un nombre équivalent à celui de l’édition new-yorkaise de Tefaf (du 28 octobre au 1er novembre 2017) mais nettement moins important que celui de Tefaf Maastricht (270 exposants en mars 2017).

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La Biennale Paris (c’est désormais paradoxalement le nouveau nom de ce salon devenu annuel) vous propose de venir découvrir, cette semaine, quelque 5000 œuvres: des objets d’art et du mobilier ancien qui demeurent un de ses points forts, une sélection – peu étoffée – de tableaux anciens, un très beau choix d’œuvres d’art moderne, de l’archéologie et de l’art islamique, autre atout majeur du salon, des objets d’arts d’Asie et d’arts premiers.

La section de la haute joaillerie souffre, elle, cette année encore, de la défection de quelques grands noms de la spécialité dont Cartier et Van Cleef & Arpels.

La sélection la plus exigeante au monde

Moins étoffée et moins internationale (seul un tiers des exposants sont étrangers) que Tefaf Maastricht, sa grande concurrente, la Biennale Paris joue résolument la carte du luxe et de la qualité. Elle sera abritée, comme les années précédentes, dans cet écrin exceptionnel planté au cœur de Paris qu’est le Grand Palais, dans un décor signé Nathalie Crinière et Jacques Garcia.

Pour retrouver la confiance des collectionneurs, entachée par des scandales à répétition dans le secteur du mobilier ancien et les contrefaçons de meubles du XXe siècle, l’édition 2017 mise sur un nouveau système de vetting qui sera beaucoup plus rigoureux, nous dit-on. Il reposera sur une Commission d’admission des œuvres (CAO) «la plus exigeante au monde», selon les mots du président du SNA.

Codirigée par Frédéric Castaing, président de la Compagnie nationale des experts (CNE) et Michel Maket, président du Syndicat français des experts professionnels (SFEP), celle-ci sera véritablement indépendante. Pour éviter tout conflit d’intérêts, elle n’admettra aucun exposant de la Biennale au sein de son jury, composé d’une centaine d’experts.

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«La CAO apportera une sécurité maximale à tous les acteurs de la Biennale et, en premier lieu, aux visiteurs qui réclament transparence, honnêteté et vérité», insiste Frédéric Castaing. Ce dispositif est complété par la présence sur place, au Grand Palais, du laboratoire ArtAnalysis, équipé d’instruments portables lui permettant de se livrer à des analyses techniques et scientifiques sur tous types d’objets.

Hommage à Barbier-Mueller

Pour renforcer son rayonnement international, le salon parisien s’est doté d’une Commission Biennale présidée, cette année, par Christopher Forbes, un américain francophile et amateur d’art. Nommé «ambassadeur» de la Biennale, le vice-président de la maison d’édition Forbes est allé prêcher la bonne parole aux Etats-Unis mais aussi à Londres et sur le continent asiatique, en Indonésie notamment.

Autre événement 2017: l’exposition Les Collections Barbier-Mueller: 110 ans de passion. Organisée en hommage au Genevois Jean-Paul Barbier-Mueller, disparu en fin d’année dernière, celle-ci réunit 130 objets collectionnés par Monique et Jean Paul Barbier-Mueller, leurs enfants et petits-enfants.

Outre les chefs-d’œuvre d’art tribal réunis par les parents, le parcours propose une sélection de pièces issues des collections des descendants: monde des samouraïs (collectés par Gabriel), numismatique et peinture du XVIIIe (Stéphane), art contemporain (Thierry) et éditions originales des XVIIe et XVIIIe siècles (Diane). Un étonnant voyage à travers le temps qui pourra être prolongé par la lecture du très beau catalogue éponyme édité par les Editions Glénat.


XXIX Biennale Paris, jusqu’au 17 septembre sous la Nef du Grand Palais, Paris.


Les autres foires d’art de l’automne

Parcours des Mondes

Ce salon d’art tribal à ciel ouvert rassemble depuis 2002, à Paris dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, une soixantaine de galeristes spécialisés dans les arts d’Afrique, d’Asie, d’Océanie, des Amériques et d’Archéologie.

L’édition 2017 réunit 63 marchands dont 34 étrangers. A noter notamment une très belle sélection d’œuvres d’art océanien proposée par la galerie Meyer Oceanic & Eskimo Art et par la galerie Martin Doustar.

16e Parcours des Mondes, jusqu’au 17 septembre, quartier des Beaux-arts à Saint-Germain-des-Prés, Paris.

Parcours de la Céramique et des Arts du feu

En cette année 2017, les amateurs de porcelaines, faïences, verres et émaux anciens célèbrent deux anniversaires: les 20 ans de l’Association des spécialistes de la céramique de collection et les 10 ans du Parcours de la Céramique et des Arts du feu. Organisé dans le Carré rive gauche, dans le VIIe arrondissement de Paris, ce salon spécialisé réunit, cette année, 24 marchands français et étrangers.

10e Parcours de la Céramique et des Arts du feu, jusqu’au 17 septembre, Carré rive gauche, Paris.

Docks Art Fair

Implanté à Lyon depuis 2013, au cœur du quartier de la Confluence, Docks Art Fair se compose d’une quinzaine de galeries d’art contemporain. La foire propose une sélection d’œuvres, tous médiums confondus, dans une gamme de prix allant de 500 à 30 000 euros.

Docks Art Fair, du 16 au 20 septembre, quai Rambaud, Lyon.

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