Visages tuméfiés, bouches hurlantes déformées par la douleur, corps contorsionnés, recroquevillés, tronqués ou démembrés, flaques de sang et plaies sanguinolentes. C’est une œuvre hantée par la mort, la violence, la folie et le sentiment du tragique qui a investi les espaces d’exposition du dernier étage du Centre Pompidou.

Francis Bacon, qui répétait à l’envi que «l’odeur du sang humain lui souriait», livre ces déferlements compulsifs et paroxystiques de violence dans des œuvres plastiques à la géométrie complexe et d’un extrême raffinement. Ses sujets, couchés sur la toile à l’aide de couches picturales légères et transparentes, sont souvent magnifiés par des fonds rose acidulé, jaune vif ou orangés éclatants de vie. Bacon privilégie la sensation. Il dit vouloir ne s’adresser «qu’au système nerveux du spectateur».