«J'étais très jeune quand je l'ai rencontré. A mon retour d'une mission au Brésil, et grâce à la recommandation d'Alfred Métraux, j'ai obtenu que Lévi-Strauss dirige ma thèse. C'était en 1955. Avant même la parution de Tristes Tropiques. Grâce à cette publication qui a été un best-seller, il est instantanément devenu une figure publique de grand prestige. Lévi-Strauss était impressionnant. Pas hautain. Il ne se reconnaît pas dans le terme «structuraliste». Sa théorie a été détournée de son sens par des auteurs comme Barthes ou Foucault. Sa relation à l'institution a été complexe. Il a subi des candidatures malheureuses au Collège de France. On a dit qu'il y avait là une part d'antisémitisme. Lévi-Strauss a proposé une analyse des phénomènes de société qui me semble encore valide. Ce qui me frappe chez lui, c'est sa langue. Il parle comme les gens écrivent. C'est aussi un très beau dessinateur.»