Justice

Le parquet italien enquête sur un luthier suisse

Chaux-de-Fonnier établi à Rome, Claude Lebet est soupçonné d’escroquerie

Fraude, détournement et exportation clandestine d’instruments: Claude Lebet, luthier de La Chaux-de-Fonds établi depuis 2004 à Rome, doit faire face aux lourds soupçons que fait peser sur lui la justice italienne. Référence internationale, auteur de plusieurs ouvrages et curateurs d’expositions remarquées d’instruments anciens, le luthier est aujourd’hui dans la tourmente et fait l’objet d’une enquête diligentée par la procureur romaine Maria Bice Barborini.

Que lui reproche-t-on précisément? Selon le quotidien romain Il Messaggero, qui a révélé l’affaire, Claude Lebet aurait fait disparaître dans la nature une quinzaine de précieux violons ayant préalablement transité par son atelier, situé au centre de Rome, pas loin de Campo de’ Fiori. Placés en dépôt en vue de leur vente, les instruments se seraient volatilisés sans laisser de traces. Le parquet de la capitale soupçonne un trafic illicite et clandestin d’instruments, qui se serait prolongé durant ces trois dernières années. La valeur des biens au cœur de l’enquête, elle, s’élèverait à plusieurs centaines de milliers d’euros. L’affaire est fâcheuse; elle risque de ternir l’image d’un personnage qui côtoie régulièrement les grands interprètes, réalise des expertises sur des objets d’une valeur parfois inestimable et produit lui-même des violons appréciés.

Affaire similaire

En 2010, la justice suisse avait déjà enquêté sur une affaire similaire. Elle opposait un violoniste suisse, propriétaire d’un Pietro Guarneri estimé à 800 000 euros, et le luthier, chargé de le vendre. Porté disparu pendant de longs mois, l’instrument a été retrouvé à Rome, chez un musicien, après l’intervention d’une brigade spécialisée des carabiniers. Son propriétaire légitime a récupéré son violon en février 2012.

Contacté par téléphone, Claude Lebet reconnaît certaines maladresses, qui lui ont valu d’ailleurs une condamnation par la justice suisse en 2011. Mais il se dit aujourd’hui victime d’attaques personnelles en Italie.

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