Chronique 

Les partis politiques sont-ils un mal nécessaire pour nos démocraties?

Les dernières élections européennes ont vu le paysage politique s’émietter. Les partis traditionnels en ont fait les frais, ravivant la réflexion sur leur utilité. En 1940 déjà, la philosophe Simone Weil appelait à leur dépassement

A quoi peuvent bien servir les partis politiques? La question aurait paru saugrenue, ou même impertinente, jusqu’à il n’y a pas si longtemps. L’existence de visions alternatives de la société et la défense de certaines catégories suffisaient largement à justifier leur existence. Elles faisaient des partis le corrélat incontournable de la démocratie représentative et le garant de sa vitalité, puisqu’ils formaient le seul relais efficace entre élus et électeurs.

Leur importance s’est érodée avec la fin des idéologies et la perte d’influence de la politique face aux exigences de l’économie. Ce processus arrive aujourd’hui à maturité, si on peut en croire le baromètre fourni par les élections européennes de mai dernier: le paysage politique auquel nous étions habitués s’est complètement émietté, droite et gauche se diluant au profit de nouveaux clivages plus vagues (populistes/libéraux, souverainistes/internationalistes) ou d’une formation tierce au credo post-idéologique (les Verts).