Le chef du Département fédéral de l'intérieur, Pascal Couchepin, a achevé ce week-end sa visite d'une semaine en Chine. Après avoir défendu la liberté religieuse au Tibet en début de semaine, une escale critiquée par certains parlementaires suisses, il a plaidé à Shanghai pour «une politique culturelle d'esprit libéral». «L'Etat ne doit pas imposer une conception de la culture», mais s'efforcer «d'éveiller l'intérêt de la culture dans les écoles et dans la société en général», a dit le chef du Département fédéral de l'intérieur (DFI) lors d'une réunion du Réseau international sur la politique culturelle (RIPC) à Shanghai.

«C'est vrai, les produits culturels sont différents des autres», a-t-il admis. «Mais il y a aussi un marché des biens culturels, et c'est une bonne chose.» Selon lui, «une politique d'esprit libéral a pour vocation de donner le goût d'apprécier la culture et la diversité culturelle». «Nous sommes convaincus qu'après des années d'efforts pour développer l'offre, il convient maintenant de chercher des moyens de développer la demande.»

Le rôle «subsidiaire» de la Confédération

La Confédération devra toutefois agir de manière «soft», «non dirigiste», d'autant plus qu'elle n'a qu'un rôle «subsidiaire» en matière culturelle. Les services de Pascal Couchepin seront notamment chargés d'étudier pourquoi il existe une «gêne» face à la culture. En fin de compte, ce que Pascal Couchepin dit rechercher, en culture comme dans les autres domaines de son département, c'est de «responsabiliser» les gens. Libéral, il l'est aussi en matière de politique culturelle internationale. Le chef du DFI a dit soutenir les efforts en cours à l'Unesco pour mettre en place une convention internationale sur la diversité. Convention qui doit aussi être compatible avec la jurisprudence de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Il préfère parler de «promotion» de la diversité culturelle que de «protection».

«Le monde culturel a un problème avec l'économie», note le ministre, qui avait critiqué cet été, en marge du Festival de Locarno, les liens entre les milieux culturels et la gauche en Suisse. «C'est peut-être un frein qui limite les échanges entre ces deux univers.»