Il y a des cinéastes dont on attend qu'ils nous surprennent et d'autres qu'ils consolident une œuvre. Walter Salles, chef de file de l'actuel renouveau brésilien, est de ces derniers. De retour en compétition quatre ans après Carnets de voyage, il a parfaitement rempli son contrat avec Linha de passe, aperçu de la vie à São Paulo aujourd'hui.

Un film cosigné avec Daniela Thomas, mais qui résume bien son cinéma d'essence néoréaliste, aussi généreux qu'équilibré. Comme beaucoup d'autres à Cannes cette année, ce film-ci parle de famille et de chaos - pas forcément en opposition. Il est question d'une mère qui a élevé seule ses quatre garçons. L'un est pompiste et apprenti évangéliste, l'autre coursier et séducteur invétéré; un troisième désespère de percer dans le football. Plus jeune, le quatrième, d'un autre père et noir de peau, a une fascination pour les bus. Comment réussir sa vie dans cette mégalopole de 20 millions d'habitants, pleine de dangers?

Les auteurs évitent tous les pièges, de l'image trop jolie au mélo, dans un jeu collectif où les histoires de chacun se complètent. C'est peut-être dénué de l'étincelle qui distingue les vrais grands films, mais, comme pour chaque nouveau Ken Loach, on applaudit.