Roman

Le passé-présent selon Anne Brécart

Hanna revient dans la ville où elle a vécu. Elle y retrouve des fantômes familiers

Genre: Roman
Qui ? Anne Brécart
Titre: La Lenteur de l’aube
Chez qui ? Zoé, 208 p.

Le passé, c’est la matière dans laquelle puise Anne Brécart pour tisser ses romans aux teintes pastel, couleur de lac bleu clair et de ville blanche; ses romans aux décors et aux personnages comme effacés par l’épaisseur du temps, suspendus dans ses limbes personnels.

C’est de ces profondeurs-là qu’elle tire les fils de ses histoires, naviguant entre aujourd’hui et hier, remontant le long de ses souvenirs, convoquant dans son espace et ses rêves des fantômes familiers.

Ce n’est pas l’histoire qui intéresse Anne Brécart, mais le passé quotidien. Ce passé personnel qui, autour de ses héroïnes – celles qui disent «je» et se racontent, dans Le Monde d’Archibald (2009, Zoé) comme dans ce dernier et quatrième roman, La Lenteur de l’aube – forme comme un cocon de sens, de sensations et de sentiments, un cocon enveloppant dont elle semble hésiter à vouloir se déprendre.

Dans La Lenteur de l’aube les fantômes sont là comme autant de passeurs vers un futur possible. La mémoire des morts dessine une carte de la ville de la jeunesse – Genève – et Hanna y redécouvre ses histoires, chapitre après chapitre. Les amies, les amants, la mère, ceux qui blessent et ceux qui consolent. C’est un roman délicat, traversé par des bouffées d’amour, réchauffé de chairs qui se touchent. Anne Brécart parvient à installer de vrais moments d’éblouissement dans ces pages par moments un peu surannées.

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