Barnabé. Ce nom est devenu le synonyme de café-théâtre et de music-hall dans tout le canton de Vaud, et même de Suisse romande. Jean-Claude Pasche avait fondé en famille son théâtre au milieu des années 1960, dans des conditions épiques: des chaises livrées en même temps que l’arrivée des spectateurs! Une aventure parfois rocambolesque dont il a tenu la barre jusqu’en 2016 et qui peut se résumer par le mot «passion».

Jean-Claude Pasche était un passionné. De la scène, d’une part, puisqu’il ne manquait pas une occasion de figurer sur les planches. On l’avait encore vu en moine rappeur irrévérencieux dans la comédie musicale Sister Act au début de 2020. De spectacles, par ailleurs, qu’il découvrait avec emballement lors de ses excursions à Paris ou à Londres. Par la suite, il prenait un plaisir certain à raconter des anecdotes ou des rencontres avec sa verve incomparable.

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Passionné d’instruments, encore, car on ne saurait évoquer Barnabé sans ses orgues. Il y a celui présent dans le foyer du théâtre qui lui a donné son surnom. Puis, bien entendu, le fameux orgue de cinéma – le plus grand d’Europe – qui occupe aujourd’hui une énorme partie de la salle de spectacles. On peut également signaler ses pianos mécaniques et leurs centaines de rouleaux perforés, qu’il a collectionnés. Passionné de trains électriques finalement: il a construit une immense maquette où s’entrelacent rails, ponts, tunnels et wagons multicolores et à laquelle il a dédié une salle entière du théâtre.

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Jean-Claude Pasche partageait généreusement son amour de la scène dès que possible. C’est ainsi que Bouillon, Jo-Johnny, François Silvant, Joseph Gorgoni et tant d’autres se sont produits sur les planches de Servion. Ses revues, devenues références du genre, ont attiré jusqu’à 40 000 spectateurs par année. Innombrables sont d’ailleurs les carrières autant artistiques que techniques qui ont débuté sur cette scène. Notamment celle de Noam Perakis, qui est aujourd’hui à la tête du Café-Théâtre Barnabé.

Lui comme tant d’autres artisans du spectacle savent se montrer reconnaissants des occasions qui leur ont été offertes dans ce théâtre improbable au milieu de la campagne. Gageons que Barnabé saura, avec son bagout caractéristique, revendiquer là-haut un peu de tous ces succès.