Musique

La patience selon Tinariwen

Le légendaire groupe touareg revient sur la scène lausannoise des Docks. Pour défendre un très beau neuvième album et porter toujours plus haut l’étendard de leur rébellion

Une rencontre avec Abdallah juste avant leur concert à Moissac, petite ville hors du temps dans le sud-ouest de la France. Il est en train de martyriser les nouvelles cordes de sa guitare électrique pour les détendre en vue de leur prestation du soir. C’est visiblement une affaire sérieuse. Il nous abreuve d’explications techniques, on ne comprend pas tout, il ne quitte pas son casque pour trouver le son adéquat, et son ingénieur du son lui annonce tout guilleret: «Ah, ça va sonner différemment ce soir…»

L’interview est un peu lunaire. Il joue pendant les questions, puis prend un temps de réflexion avant de répondre. On peut comprendre qu’il ne soit pas pressé. Tinariwen est embarqué dans une tournée folle depuis septembre, avec des dates qui s’enchaînent bien trop vite. Les Etats-Unis à peine balayés, voilà le groupe en train d’arpenter l’Europe dans son bus de croisade. Avec la Suisse en week-end prolongé: Winterthour hier vendredi et Lausanne demain dimanche.