Cinéma

«Patients», ou les mots trahis par les images

Grand Corps Malade se souvient de son accident et de sa rééducation

En 1997, Fabien Marsaud plonge dans une piscine au niveau d’eau trop faible et se déplace des vertèbres. On annonce à ce champion de basket de 20 ans qu’il ne marchera plus. Il retrouve pourtant l’usage de ses jambes. Dès 2005, sous le nom de Grand Corps Malade, il devient une vedette du slam. Aujourd’hui, il porte à l’écran Patients, le livre inspiré par son accident et sa rééducation. Mehdi Idir, qui réalise ses clips, l’épaule à la réalisation.

Les limites de la fiction

La sympathie qu’inspire le slameur, ou simplement l’amour du prochain, prédispose positivement les spectateurs. Mais depuis Les Mots pour le dire, récit de Marie Cardinal adapté par José Pinheiro, on sait que les paroles réparatrices ne se traduisent pas en images. Grand Corps Malade et son comparse filment avec application de jeunes acteurs sympathiques. Ils montrent de façon documentée la vie en centre de rééducation, entre le rire et les larmes selon l’expression consacrée. Mais l’émotion est absente. On ne voit pas des gens qui souffrent et qui se battent, et qui vannent pour ne pas désespérer, mais des comédiens qui disent leur texte, jouent leur rôle avec conviction et maladresse. Patients fait partie de ces films qui démontrent les limites de la fiction par rapport au documentaire.


* «Patients» Drame de Grand Corps Malade et Mehdi Idi (France, 2017), avec Pablo Pauly, Soufiane Guerrab, Moussa Mansaly.

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