l’eau à la bouche

Patrick Juvet

Le chanteur ne boit que de l’eau (en bouteille) et préfère nager sous l’eau pour écouter «la musique du silence»

– Sur un bateau pour aller où?

– Je n’aime pas les voyages en bateau, même s’il m’arrive d’embarquer pour la croisière Age tendre, la Tournée des idoles… Sinon, le bateau, je trouve ça marrant une heure sur le lac ou sur un bateau-mouche, mais plus longtemps, ça m’ennuie. Naviguer en vacances à Saint-Tropez, par exemple, c’est surtout de la frime. J’aime encore moins le bateau en solitaire. Par contre, j’admire ceux qui sont capables de le faire. J’aime les marins, leur mentalité.

– Et sur un pédalo, avec qui?

– Quelqu’un qui a envie de rigoler, des enfants. Mes neveux et nièces, par exemple, lorsqu’ils étaient petits. Gamin, je préférais nager. A l’époque, le lac n’était pas aussi propre qu’aujourd’hui. On en ressortait couvert de boutons!

– Votre spécialité à la piscine?

– La tête sous l’eau, c’est quelque chose qui m’a toujours plu. J’ai réussi à plonger pour la première fois à 30 ans seulement. Avant, ça me faisait peur. Mais une fois qu’on se lance, on ne peut plus s’arrêter de plonger! J’aime avoir le corps sous l’eau. Il n’y a plus de bruit. On se sent bien, ça nous rappelle le ventre maternel.

– Vos premières larmes par amour?

– Quand j’étais adolescent, c’était plutôt moi qui larguais! Le vrai chagrin, c’était à la mort de Florence (Aboulker, qui a été sa compagne et son manager, ndlr), il y a quelques années. Là oui, j’ai pleuré de vraies larmes, c’était une vraie histoire d’amour.

– Combien de bains par semaine?

– Plutôt des douches rapides, en arrêtant l’eau pendant que je me savonne! Je suis très sensible au problème du gaspillage de l’eau.

– Votre plus belle odyssée?

– Ma relation avec Florence. C’est une victoire de la vie. Notre plus belle odyssée, ça a été mon premier Olympia. Personne n’y croyait. On nous disait que nous étions fous, que je n’avais jamais fait de scène. C’était un partage. Je n’ai pas eu d’enfants, alors notre enfant à tous les deux, c’était tout ce qui allait venir de cette soirée-là. Après le concert, j’ai pleuré de joie, mon maquillage coulait…

– Et votre pire costume de bain?

– Ceux qu’on nous faisait porter quand on était gamins! Je viens d’une famille modeste. Je devais porter les vêtements de mon grand frère. Plus tard, je me suis un peu vengé dans le shopping!

– Henniez bleue ou Henniez verte?

– Je bois de l’eau en bouteille parce qu’en ville, l’eau du robinet est trop traitée. Je suis plutôt eau gazeuse. Pas d’Henniez, on n’en trouve pas là où je vis, en Espagne. Mais j’ai conscience que l’eau en bouteille est un luxe.

– Qu’entendez-vous quand vous avez la tête sous l’eau?

– Le bruit du silence. C’est pour moi une musique. C’est tout quitter, être soi-même. Je nage plus sous l’eau que dessus.

– Qui pour une leçon privée de natation?

– Stéphanie de Monaco. Elle a un physique qui me plaît. Amélie Mauresmo. Elle a un côté fragile et très fort en même temps.

– Quel goût a l’eau bénite?

– Je n’ai jamais essayé de la goûter. Pour moi, l’eau bénite est partout. A partir du moment où il y a de l’eau, c’est déjà une bénédiction.

– Sticks de poisson ou caviar?

– Ni l’un ni l’autre, je suis plutôt viande que poisson. Je mange assez bizarrement, très peu. Alors je prends beaucoup de compléments alimentaires, notamment des oméga-3 à base de poisson.

– A quoi servent les jacuzzis?

– A rien. Je préfère une séance de massage ou d’osthéo.

– Quelle boisson pour accompagner votre dernier repas?

– De l’eau, je ne bois que ça.

– Tant va la cruche à l’eau…

– Ça ne m’inspire pas. Je ne suis pas poète, je suis musicien. Sinon j’aurais écrit tous mes textes.

Chanteur, en concert samedi

1er août aux Fêtes de Genève.

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