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Dans «Patrick Melrose», Benedict Cumberbatch est le plus grand drogué du monde

Dans une mini-série, l’acteur incarne un fils de bonne famille toxicomane, qui tente de sortir de son addiction – et de son milieu. Encore un moment de grâce pour le comédien

Il tremble, il tressaute, il trépigne, puis il trébuche. Il s’agite, puis s’assagit. Il croasse, croque, se recroqueville. Il grogne, gronde, grommelle. Il est le drogué parfait, c’est-à-dire en partance pour partout. Il ne contrôle plus rien – a-t-il seulement maîtrisé quoi que ce soit de sa vie et son corps? Benedict Cumberbatch incarne ce drogué riche et supérieur, c’est-à-dire infernal pour lui-même.

L’acteur interprète Patrick Melrose, héros des romans des années 2000 écrits par Edward St Aubyn, lequel racontait sa sortie de la drogue – la part réelle d’autobiographie demeure floue, ce qui paraît cohérent avec l’ambiance générale. Le Festival international du film de Genève (GIFF) montre le premier épisode de Patrick Melrose, mini-série de Sky en cinq épisodes, dans laquelle, donc, triomphe Benedict Cumberbatch.

Un père dont il faut ramener les cendres. Pas simple

L’acteur incarne le personnage de l’écrivain, un fils de bonne famille. Son richissime père étant décédé à New York, Patrick doit aller chercher ses cendres. Drogué jusqu’au bout des ongles, s’immergeant dans sa baignoire de l’hôtel de luxe américain, le fiston perd de vue la mission de base, le rapatriement de quelques poussières corporelles. Il faut préciser que le paternel battait sa progéniture, tandis que la mère se dissolvait dans toutes les formes possibles d’éthanol. Il est des pauvres mieux nés.

On peut faire remarquer que, de Sherlock à ce Patrick Melrose en passant par un scientifique génial et solitaire à travers Hawking, ou un mathématicien brimé dans le film The Imitation Game, l’acteur britannique accepte des rôles proches. Oui et non: il n’a pas son pareil pour préciser chaque interprétation, lui donner sa personnalité.

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Une série à sa gloire

Dans le cas de Patrick Melrose, le comédien est aussi producteur – et ce n’est pas là une simple affaire d’argent. Il porte le projet. Cette série chante la gloire frénétique de sa figure de fiction, l’ensemble de ses personnages. Ici, il sacre sans cesse, il saccade, il se saccage, et c’est son sacre.


«Patrick Melrose» au GIFF: projections ce samedi 3 novembre, puis mardi 6.

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