Trente-trois. C'est l'âge du Christ mais aussi le nombre symbolique de chansons de Dylan revisitées qui figurent sur la bande originale de I'm Not There. Un disque d'hommages bavards donc s'apparentant à une véritable auberge espagnole. On y trouve à boire, à manger ainsi que quantité d'abats peu goûteux. Malgré le casting de choix transgénérationnel (Willie Nelson, Jack Johnson, Tom Verlaine, Calexico, Sonic Youth, Richie Havens, Stephen Malkmus, Anthony & The Johnsons ou Charlotte Gainsbourg), peu d'artistes y tiennent correctement leurs rôles. Trop de politesses d'usage (Stephen Malkmus, Richie Havens), de manques d'audace (Yo La Tengo, Bob Forrest, Mason Jennings) et de sorties de route (Los Lobos dans ce karaoké malgré le sensationnel épilogue assuré par le maître Dylan lui-même pour cette version désinvolte de «I'm Not There» en forme de trésor retrouvé.

Heureusement, quelques perles surgissent ça et là. A commencer par Sonic Youth qui se frotte avec une ferveur saturée au même «I'm Not There». Les New-Yorkais sont suivis par les Californiens de Calexico dont les touches mariachi-rock subliment les voix de Willie Nelson (caverneux «Señor») ou Charlotte Gainsbourg (aérien «Just Like A Woman»). Mention spéciale aussi à Mark Lanegan (hanté «Man In The Long Black Coat») et à Cat Power, Sufjan Stevens et Tom Verlaine qui tiennent la distance sur des titres de près de 7 minutes.

Le Dylan originel est à appréhender sur deux autres publications concomitantes: un best of et, surtout, un DVD comprenant entre autres le concert électrique du New port Folk Festival en 1965 qui a changé la face du rock.

CD: BO I'm Not There; Best Of Dylan. DVD: Bob Dylan, Live At The Newport Folk Festival (Distr. Sony-BMG)