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Récit

Quand Patti Smith était enfant…

«Un charbon ardent jeté sur un cœur de foin», telle est la définition de la vie que donne la rockeuse dans «Glaneurs de rêves»

Quand Patti Smith était enfant

Genre: RéCIT
Qui ? Patti Smith
Titre: Glaneurs de rêves
Trad. de l’anglais (Etats-Unis) par Héloïse Esquié
Chez qui ? Gallimard, 105 p.

Rockeuse à la voix rebelle, marraine des clochards célestes et de la génération Woodstock, Patti Smith a aussi exposé dessins et photographies à travers toute la planète. Mais il lui arrive également de s’aventurer sur les terres de la littérature, ce qui lui a valu le National Book Award 2010 pour Just Kids, réédité en Folio. Avec ces très poétiques Glaneurs de rêves, elle nous offre un bouquet de nostalgie en réinventant ses jeunes années – elle est née en 1946 –, au fil d’un vagabondage où l’autobiographie s’enlumine de merveilleux et, parfois, de fantastique. C’est en 1991, à un moment où elle fut «envahie par une inexprimable et terrible mélancolie», qu’elle a commencé à rédiger ces pages, sorte de boîte de Pandore dans laquelle elle a déposé ses souvenirs de petite fille dans la région de Philadelphie, d’abord, puis dans le New Jersey, où sa famille s’installa en 1957. De digressions en anecdotes, son récit montre comment on perçoit le monde avec, pour seuls guides, les yeux de l’innocence, un regard presque angélique qui donnait à la jeune Patti la «constante impression d’être ailleurs».

Ce dont elle parle, ce sont des choses minuscules comme des grands mystères de la vie. Ses chaussettes de laine qui lui servaient de sacs à billes, ou son petit balluchon de tissu dans lequel elle cachait toutes sortes de talismans. Mais aussi son goût pour la prière, son grand amour pour sa chienne Bambi et son immense chagrin lorsqu’elle fut fauchée par une voiture, ses premiers mots jetés sur un cahier d’écolier, son désir précoce de devenir peintre, sa découverte de la poésie, son enracinement dans cette nature qui l’enchante – elle ne cesse de s’y réfugier en «arrachant des pensées fugaces, telles des touffes de laine, au peigne du vent». Mais elle évoque également sa famille et ses ancêtres paysans, auxquels elle dit être profondément redevable. «Le destin, écrit-elle, a voulu que je suive un chemin fort éloigné du leur, et pourtant leurs façons étaient aussi les miennes. Et dans mes voyages, lorsque je vois une colline constellée de moutons ou une équipe d’ouvriers agricoles qui se reposent à l’ombre des noisetiers, je suis prise d’un désir nostalgique de redevenir celle que je n’ai pas été.»

Et d’ajouter: «Comme nous sommes heureux quand nous sommes enfants et quand la voix de la raison n’étouffe pas encore la lumière.» Parce que «l’esprit d’un enfant est pareil à un baiser sur le front – ouvert et désintéressé. Il virevolte comme virevolte la ballerine au sommet d’un gâteau d’anniversaire.» D’une confidence à l’autre, ce petit livre est un bel éloge de la vie, cette vie dont Patti Smith donne sa propre définition: «un charbon ardent jeté sur un cœur de foin».

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