Le 1er janvier 2016, après une série de trois concerts donnés au Fillmore de San Francisco, Patti Smith prend une chambre au Dream Inn de Santa Cruz. Au matin, elle photographie l’enseigne de l’établissement et, au nom du rêve, celle-ci engage un dialogue. La chanteuse ne peut s’empêcher de se «sentir dans la peau d’Alice interrogée par la chenille bleue fumant le narguilé». Elle marche sur le bord de mer où s’égaillent les mouettes et ronflent les otaries. La plage est jonchée de papiers de bonbons, «des centaines, peut-être des milliers, éparpillés comme autant de plumes après une mue». Cette mosaïque fantastique miroite dans l’imaginaire du lecteur et l’entraîne en marge du monde tangible.

Lire aussi: Patti Smith ouvre les portes de son jardin mental