Le Temps: Le concert de Patti Smith affiche complet. Est-ce que, pour un petit festival, une telle tête d’affiche est utile?

Anya della Croce: Nous nous apercevons que nous touchons probablement un nouveau public qui ne connaît pas notre festival. Nous avons également craint un moment que la présence de Patti Smith fasse de l’ombre aux deux autres soirées du festival qui comptent malgré tout des artistes très connus comme Feist ou Deus. Je ne crois pas que cela sera le cas. Notre capacité est mesurée, nous pouvons accueillir 2500 personnes par soir. Et Patti Smith, même si nous sommes très fiers de la recevoir, ne constitue pas notre seul argument.

– Au-delà des célébrités, quels sont les artistes auxquels vous tenez particulièrement dans cette édition?

– Ils sont nombreux. Je dirais la musicienne zurichoise Nadja Zela, dont le rockabilly empreint de musique cajun, est formidable. Mais aussi Mesparrow, une artiste française dont l’electro-pop intimiste me touche beaucoup. Ou encore Infadels, un excellent groupe d’electro londonien. Notre ancrage reste le rock. Mais nous ne nous interdisons rien. Ni la chanson, ni le rap. Depuis quinze ans, Pully For Noise a affiné son identité. Le site y est pour beaucoup, avec la forêt à proximité. Nous souhaitons conserver une structure à taille humaine et l’ouverture vers les nouvelles scènes. Et nous encourageons les spectateurs à venir en transports publics grâce aux navettes qui relient le festival à Lausanne.

– Devient-il de plus en plus difficile, dans un contexte si concurrentiel, de programmer vos trois nuits?

– Depuis que nous avons déplacé le festival à la fin du mois d’août, nous avons plus de facilité à faire venir les spectateurs. Ils sont, pour la plupart, de retour de vacances. Mais la concurrence avec les festivals européens reste importante. Une nouvelle fois, nous arrivons à tirer notre épingle du jeu. Le côté intimiste de Pully For Noise peut être vécu comme une qualité pour des musiciens qui sont habitués aux gros raouts de l’été.