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Patti Smith, retour en furie

Rock. Verve activiste et harmonies gracieuses cohabitent dans un même souffle.

Patti Smith. Trampin' (Columbia 515215 2/Sony)

Difficile, lorsqu'on a offert un jour Horses à l'histoire du rock, de surpasser un tel mythe fondateur. Même si, après ce concentré de garage rock halluciné surgit en 1975, la furie Patti Smith livrait un dense et brûlant Easter qui asseyait définitivement le talent et l'intelligence de la poétesse et chanteuse new-yorkaise. Aux belles et troubles œuvres de celle qui fut perçue comme le maillon manquant entre «les ambitions adultes et littéraires du Velvet Underground et de Bob Dylan dans les années 60 et le mouvement punk» en voie de cristallisation, on peut désormais ajouter le Trampin' d'aujourd'hui.

Cette rédemption de la bouddhiste précoce sous inspiration beatnik, passionnée par la vie du Christ et le Coran, stigmatise au présent le pillage du patrimoine culturel irakien, «berceau de la civilisation», la républic (h) aine politique de Bush en s'offrant des chants incantatoires et hargneux. Au côté de son quatuor retors qui comprend le guitariste Lenny Kaye, complice des tout débuts de la prêtresse underground, Patti renoue avec la rage et l'incandescence («Radio Baghdad», «Gandhi», «Stride of the Mind», «Jubilee»), plutôt que les pâles flammèches de ses précédents opus. A cette grogne rock et compacte, la part sublimement belle accordée aux ballades pop («Trespasses», le poignant «Mother Rose») instille des harmonies et mélodies gracieuses permettant à la voix impérieuse de Patti Smith de tutoyer des nuances d'émotions autant que les anges.

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