Classique

Paul Lewis, pianiste au cœur tendre

Disciple d’Alfred Brendel, ni enfant prodige ni virtuose aux doigts d’acier, le pianiste anglais évoque son parcours musical. Il joue pour la première fois avec l’OSR à Genève et Lausanne

Etait-ce sa destinée? Comment s’est-il retrouvé à jouer un jour en master class pour Alfred Brendel à Londres? Une chose est sûre: ce jour-là a changé sa vie. Prenant des leçons chez Brendel dans les années 1990, Paul Lewis a pu accéder à l’univers privilégié du maître autrichien. Il s’impose aujourd’hui comme l’un de ses héritiers au piano. Son jeu finement articulé, finement nuancé, sans fard ni vulgarité, repose sur le grand classicisme et romantisme austro-allemand.

Invité pour la première fois par l’Orchestre de la Suisse romande, Paul Lewis joue ce soir à Genève et demain soir à Lausanne le 27e Concerto pour piano de Mozart. Ce concerto si limpide, teinté de nostalgie, le dernier composé par Mozart, «n’affichant pas la moindre virtuosité», est parfois considéré comme son chant du cygne dans le domaine. «C’est vrai qu’il y a quelque chose d’un peu nostalgique dans ce concerto, comme si Mozart tournait le regard vers le passé, confie le pianiste, mais il n’y a aucune preuve que Mozart savait que ce serait son dernier concerto.»