N'écoutant que son «devoir de vérité», Paulo Coelho affronte le monde du sexe tarifé, Onze Minutes représentant le temps dévolu au coït au cours d'une passe. L'héroïne, une petite Nordestine, est avisée et courageuse, ce qui lui permettra d'échapper aux pièges qui guettent ses consœurs. Attirée en Suisse par la perspective d'un travail de danseuse, elle réussira même à amasser sa pelote et à rencontrer l'amour véritable, rue de Berne à Genève. Le kitsch enrobé de religiosité qui est la marque du maître alterne avec des extraits redondants du journal de Maria, des passages didactiques sur le point G, le sadomasochisme, l'histoire de la prostitution. On retiendra un orgasme étonnant devant le jet d'eau. Et on s'étonnera, quand même, de découvrir que la scène du «sexe profané» selon Coelho est si «familiale» et bon enfant. Sans doute, la légende personnelle de Maria s'opposait-elle à ce qu'elle rencontrât les déboires généralement inhérents à sa profession.