D'origine thaïlandaise, domicilié à Genève où il a suivi l'Ecole des beaux-arts, Siripoj Chamroenvidhya esquisse des paysages, et fait plus que les esquisser: au fusain, au crayon graphite, à la peinture, en noir et en nuances, il impose ses visions, constituées de montagnes, de fragments de nature, de coins de pays proches ou lointains qui, en dépit de la fidélité au réel, relèvent davantage d'une cartographie intérieure.

Le dessin à bras le corps

Le gros de l'exposition consiste en ces dessins grand format, qui misent sur la proximité, la frontalité, une manière presque d'immerger le spectateur dans le dessin. Ici, la campagne et même les cimes inaccessibles ne tendent nullement à disparaître dans un amenuisement croissant des teintes, un effacement des gris. Elles restent bien présentes, rassurantes d'une certaine manière. Rassurantes, les figures tutélaires de la terre et de ses «accessoires» que seraient les pierres, les rocs, les arbres, les fleurs et même les ponts et autres chemins. Et rassurante aussi cette façon de prendre le dessin à bras le corps, sans chercher à biaiser avec lui pour faire neuf, pour faire contemporain.

La petite salle de la galerie abrite quelques peintures, sur un support rouge foncé, brillant, qui rappelle l'aspect satiné de la laque. Semblables silhouettes de montagnes, mais apposées d'une main plus économe; l'horizon échancré rappelle une ligne d'écriture, une calligraphie. Traiter ainsi le paysage n'est pas plus facile que brosser un visage, composer une page abstraite. Il y faut le sens de l'équilibre, la générosité dans le geste, l'acuité du regard. Et la volonté d'adresser ses œuvres à un public, qui puisse y arrêter son regard.

Siripoj Chamroenvidhya: Landscapes 2002-2004. Galerie Andata/Ritorno (rue du Stand 37, Genève, tél. 022/329 60 69). Ma, me et sa 14 h – 18 h. Jusqu'au 11 décembre.