Peinture

Le peintre vaudois Frédéric Clot expose à Neuchâtel une série de grandes huiles

L’artiste expose des œuvres qui évoquent des lieux plutôt que des personnages

Entre forêt et cathédrale, Frédéric Clot peint la vie crépusculaire

Exposition L’artiste vaudois expose à Neuchâtel une série de grandes huiles qui évoquent des lieux plutôt que des personnages

Une fluorescence discrète et bien étrange baigne les tableaux de Frédéric Clot, où les noirs tendent vers le vert, où le blanc cassé s’émiette et se dissout, à moins qu’il ne coule un peu. Les travaux récents de l’artiste vaudois, qui partage son temps entre Ependes et Lisbonne, évoquent des lieux plutôt que des personnages. Des lieux qui incluent des vases, ces maisons destinées aux fleurs, des intérieurs anciens, baroques, avec leurs plafonds si hauts qu’on les distingue à peine, leurs moulures et leurs stucs, leurs lampes carillonnant de cristaux, des immeubles enfin, plus clairs, et ­anonymes. Pour pallier cet anonymat, des griffures et graffitis viennent parfois «signer» ces façades monotones, qui à la fois abritent et cachent aux regards les vies multiples.

Le rôle de la lumière

Autres lieux, les forêts, où un personnage encapuchonné armé de torches se fraie un passage, prêtre moderne bien esseulé dans cette cathédrale où cette même luminosité spectrale évoque les rais blanchâtres autour des vitraux. La peinture de ce dessinateur de toujours qu’est Frédéric Clot répugne à la couleur, si la couleur est vive, mais non aux tonalités, ces noirs goudronneux qui se prennent à fondre, ce vert qui s’insinue parmi les gris, ces blancs qui sont moins blancs que pétales, lumières, artifices. Quant aux lignes, fussent-elles les arêtes des maisons, les rainures des parquets, elles bougent, sans vraiment trembler ondulent légèrement, disant l’humain, et l’émotion.

On pense, devant ces toiles, parfois de grand format, parfois plus modestes, comme ce Belem en ogive, à des négatifs photographiques, où le rôle du noir et du blanc se fait indécis, où l’ambiguïté règne sur la place respective à donner à la lumière et à la nuit. Surtout, on navigue à vue, et la vue est un peu brouillée. On finit par se sentir fantôme dans un monde en camaïeu, privé de gaieté peut-être, mais non de beauté.

Frédéric Clot, peintures récentes. Ditesheim & Maffei Fine Art SA (rue du Château 8, Neuchâtel, tél. 032 724 57 00). Ma-ve 14-18h, sa 10-12h et 14-17h, di 15-18h. Jusqu’au 19 avril.

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