Un papa, une maman, deux petites filles blondes. Le plus réactionnaire des intégristes n’y trouverait rien à redire: Thomas, Helle, Caro et Emma composent une famille parfaitement normale où l’on mange des pizzas, cuit des gâteaux, shoote un ballon dans le jardin. Qu’il fait bon vivre dans le Danemark vert et plaisant! Mais, le jour où ils partent adopter un chien, coup de tonnerre. «Papa et maman vont se séparer», annonce la mère. «Pourquoi?» s’égosillent les gamines. Parce que papa va devenir une femme…

Emma accuse le coup. Son père, ce héros au sourire si doux, va subir une intervention chirurgicale pour changer d’identité. Elle refuse violemment le chamboulement transgenre. Elle exprime son opposition en débarquant à une séance de conciliation chez la psychologue le visage emmailloté dans une écharpe pour ne pas voir Thomas devenu(e) Agnete. Tandis que Caro s’accommode de la métamorphose, la cadette se braque. Elle ne supporte pas d’être confrontée à certaines réalités anatomiques, comme la «dilatation du vagin»; en vacances, elle est exaspérée qu’Agnete passe pour sa mère auprès d’une touriste.