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jazz

Les perles posthumes de Ray Charles

Quand les archives privées du Genius s’ouvrent et créent l’événement

Genre: JAZZ
Qui ? Ray Charles
Titre: Rare Genius:The Undiscovered Masters
Chez qui ? (Concord/Universal)

D’accord, Genius Loves Company, mémorable disque des adieux, n’a pas volé ses Grammy, et tout le monde rêve d’une aussi magistrale sortie de piste. Mais Ray Charles y trimballait tout de même ses 73 balais, et sa voix saignait de toutes les blessures d’une vie qui n’avait pas été celle d’un enfant de chœur. Et voilà que ce beau disque testamentaire est rejoint, jaugé et presque balayé par l’actualité de ces Undiscovered Masters, première plongée en apnée posthume dans les fonds secrets personnels, qu’on savait considérables, d’un Ray Charles archiviste.

Il en résulte non un simple inédit bricolé à partir de bandes d’un intérêt relatif, mais un véritable nouveau disque de Brother Ray, qui aurait pu avoir été enregistré le mois passé avec toutes les exigences apportées par le Genius à n’importe lequel des disques publiés de son vivant. Soit un troublant effet de proximité qui ajoute à la force de ces pièces très achevées une dimension intemporelle, mieux: l’ivresse métaphysique d’une victoire sur la mort.

On y entend les vrombissements d’un big band, les sanglots longs d’une section de cordes, les éclaboussures d’un piano électrique, et au premier plan l’imparable coup-de-poing dans l’âme d’une voix inentamée en ces années 1970, 1980 et même 1990 du fond desquelles ont été exhumées ces perles de soul. Quarante minutes de plénitude, ou presque, qu’émaillent les nerveux «wait a minute», «listen», «you hear me baby», interjections dont le Genius use comme d’une respiration dans l’incantation.

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