«Pourquoi revenir aujourd’hui sur cette longue histoire de la perspective? Pourquoi s’intéresser aujourd’hui à des traités d’optique médiévaux, à des problèmes d’ingénieurs de la Renaissance […], à des querelles byzantines sur des manuscrits de Platon?» Telle est la question qu’Emmanuel Alloa, professeur d’esthétique à l’Université de Fribourg, se pose à lui-même en conclusion de son ouvrage magistral Partages de la perspective. Un ouvrage qui dépasse largement le cadre d’un traité historique sur la perspective en peinture. Il y est bien plutôt question de perspectivisme, compris comme cette capacité humaine générale à changer de point de vue, dont la peinture n’est qu’une manifestation.