Littérature

Peter Handke, Prix Nobel à contrecœur et à contre-courant

L’écrivain autrichien Peter Handke s’est dit «étonné» par cette récompense, «après toutes les querelles» suscitées par son œuvre

A 76 ans, l’écrivain autrichien Peter Handke reçoit un prix dont il a fustigé autrefois «l’inutilité» et dont l’attribution déplaira à beaucoup de ses détracteurs.

Né en 1942, en Carinthie, d’une mère d’origine slovène et d’un soldat allemand dont il apprendra tardivement l’identité, il réside aujourd’hui en France. Il est l’auteur d’une œuvre immense, en volume et en importance littéraire, qui compte des romans, des pièces de théâtre, des scénarios, des essais, des journaux, des récits de voyage et de nombreuses traductions du français, langue dans laquelle il a écrit Les Beaux Jours d’Aranjuez, en 2012. A ses débuts, influencé par Beckett, par le nouveau roman – Claude Simon, surtout –, puis par les satiristes viennois comme Karl Kraus, il écrit des textes expérimentaux, tels L’Angoisse du gardien de but au moment du penalty ou La Chevauchée sur le lac de Constance. Dans les années 1960, ses écrits deviennent plus politiques, telle sa pièce Outrage au public. Il prend aussi des positions publiques radicales, contre les représailles policières en 1968, entre autres.