La jeunesse d’un pâtre. Simon Guélat entre en scène comme on marche, la nuit, dans la prairie, dégagé, mais affûté. Devant lui, son troupeau: nous, vous, des têtes bien faites réunies au Pavillon du Théâtre de Vidy, pour la transhumance du soir. D’exode fantasmatique, il n’y aura pas pourtant. Et de spectacle au sens convenu encore moins. Quand il écrit Outrage au public en 1966, Peter Handke a 24 ans et n’imagine pas un instant qu’il sera un jour Prix Nobel de littérature. Il entend botter les fesses des brebis de la culture et de ses rituels de soumission. Dans un espace nu comme une clairière, la metteure en scène lausannoise Emilie Charriot et son interprète célèbrent son insolence: ils offrent un soulèvement poétique.