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La tombe de sir Peter.
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J’irai sur vos tombes

Peter Ustinov, une vie si pleine sous le marbre rouge de Bursins

Inoubliable comédien et auteur, humaniste invétéré et raconteur d’histoires hors pair: c’est un «hénaurme» personnage du XXe siècle qui est enterré sur La Côte vaudoise, à mi-chemin entre Lausanne et Genève

Impossible de rater sa tombe, c’est la plus grande, et c’est la première quand on entre dans le petit cimetière de Bursins (VD), non loin de Rolle, des ceps de vigne partout aux alentours, et le Léman dans le lointain. Marbre rouge deux fois large comme celui des autres tombes, pour une vie en grand format, et une inscription en anglais et en français: on s’attendait presque à trouver aussi de l’italien, du russe, de l’allemand ou de l’espagnol, ces autres langues que Peter Ustinov maniait parfaitement et qui permettaient au comédien, metteur en scène, écrivain et formidable vulgarisateur d’être partout chez lui dans le vaste monde – même à Bursins, 700 habitants.

C’était un habitué des Diablerets, mais c’est la proximité de l’Institut Le Rosey où sont allés ses enfants après son divorce qui a attiré sir Peter (il a été anobli en 1990) dans le petit village vaudois. Il avait une petite vigne et aimait bien son vin, se souvient le syndic, Philippe Parmelin, qui s’est parfois rendu chez lui dans son salon rempli de livres, de papiers et de tableaux, un capharnaüm où lui seul se retrouvait. Il aimait surtout qu’on le laisse tranquille. Quelques années avant sa mort, le comédien avait participé aux festivités du 1er Août avec un petit discours, prononcé en chaise roulante. Il en avait profité pour exhiber ses chaussettes, qui arboraient une croix suisse…

Parmi la septantaine de films dans lesquels il a joué, ses rôles dans Topkapi et Spartacus lui valurent des Oscars du meilleur second rôle; ses pièces de théâtre ont été acclamées, comme ses livres. Citoyen du monde, qu’il a fait beaucoup rire, Peter Ustinov a aussi donné énormément de son temps à l’Unicef, dont il est resté trente-cinq ans flamboyant ambassadeur de bonne volonté. Lors d’un gala à Lausanne un jour, il avait regretté que le budget mondial pour l’enfance représentât seulement quelques heures des dépenses militaires de la planète. C’est étonnant qu’on ait si peu confiance en l’avenir, avait-il dit. L’humaniste manque, aujourd’hui.

Dossier
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