Livres

Petit traité du suicide

Pourquoi l’Occident chrétien a fait de la mort volontaire une faute

Dans l’Antiquité, le suicide était une issue acceptable, parfois désirable. L’Occident chrétien en a fait un péché, une faute, une pathologie, voire un outrage à loi. Dans ce bref essai, le philosophe Simon Critchley examine avec méthode et non sans humour anglais les arguments, essentiellement théologiques, qu’on a opposés, au cours des siècles, à la liberté de disposer de son corps et montre que le droit au suicide est le corollaire du droit à la vie. Il relève cependant que les hommes ne sont pas des îles mais des êtres de relation, et qu’un tel acte entraîne des conséquences pour l’entourage.

Approche claire

A l’appui de son propos, Critchley cite un grand nombre de lettres d’adieu, de Kurt Cobain à Virginia Woolf – messages ambivalents d’amour-haine, chefs-d’œuvre de sincérité ou d’apitoiement sur soi. Suivi d’un traité en 29 points du philosophe David Hume (1711-1776), ce petit livre n’est pas une apologie de la mort volontaire mais une approche claire et sans passion d’une question vertigineuse.


Simon Critchley, «Lettres de suicide», trad. de l’anglais par Georges Barrère, Voix libres/Max Milo, 136 p.

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