Si la 46e édition des Journées du cinéma suisse de Soleure avait à résumer en une seule soirée l’apaisement qui règne depuis le départ du chef de la Section cinéma de l’Office fédéral de la culture (OFC) et le remplacement de Pascal Couchepin par Didier Burkhalter comme ministre de tutelle de la culture en Suisse, il suffirait de revivre la Nuit des nominations pour les Quartz du cinéma suisse qui seront remis à Lucerne le 12 mars.

Cette soirée, dont les précédentes éditions avaient donné lieu à des versions passablement agitées par le passé, s’est déroulée mercredi à Soleure dans une atmosphère de détente inhabituelle, une fête de la branche. Et pour plusieurs raisons.

D’abord parce qu’il est désormais acquis que le vote en ligne des 350 membres suffira, dès l’an prochain, pour élire les Quartz du cinéma suisse: jusqu’à présent, un Jury nommé par l’OFC devait trancher. C’est, pour beaucoup, la preuve, après des discussions parfois houleuses, que le sérail sait s’organiser et faire montre de responsabilité.

Ensuite parce que l’accueil réservé au chef du Département de l’Intérieur, après un premier rendez-vous encore pétri de suspicion l’an dernier, est sans commune mesure avec ceux qui attendaient Pascal Couchepin et sa façon de battre froid et d’infantiliser le milieu du cinéma suisse. Didier Burhalter a en effet été copieusement applaudi au terme d’un discours de réconciliation où l’appel à la confiance réciproque a relativisé l’étendue du champ de mine que le conseiller fédéral croyait trouver il y a douze mois. Les chantiers ouverts sont encore nombreux et quelques nuages menacent toujours, mais le ton est encourageant.Du moins sans pareil avec celui qui se tenait il y a encore deux ans.

Enfin parce que le système de vote en ligne, qui permet aux membres de l’Académie du cinéma suisse de visionner tous les films suisses de l’année écoulée sur leurs ordinateurs, a une nouvelle fois prouvé sa pertinence. Entre ceux qui visionnent tout consciencieusement et ceux qui votent pour leurs amis ou pour leur région linguistique, il se crée, au final, une liste de nominés qui correspond, peu ou prou, à la réalité, sans qu’il soit possible, par exemple, de dire que la majorité des votants alémaniques lèse les productions romandes. Ainsi, notamment et outre ceux qui s’illustrent en catégorie documentaire (Béatrice Bakhti, Nicolas Wadimoff et Jean-Stéphane Bron), La Petite Chambre des Lausannoises Stéphanie Chuat et Véronique Reymond, meilleur film et scénario, poursuit-il sa piste aux étoiles depuis sa première à Locarno en août dernier. A noter que leur productrice, Ruth Waldburger de Vega Film, également sous les feux de la rampe avec Cosa Voglio de Piu de Silvio Soldini (meilleur film et scénario également), était justement l’invitée d’honneur des Journées de Soleure avec une rétrospective.

Et les nominés pour le Prix du Cinéma Suisse «Quartz 2011» sont donc:

«Meilleur film de fiction» (25000 francs à chaque nominé)

COSA VOGLIO DI PIÙ, de Silvio Soldini (Vega Film AG)

DER SANDMANN, de Peter Luisi (Spotlight Media Productions AG)

LA PETITE CHAMBRE, de Stéphanie Chuat et Véronique Reymond (Vega Film AG)

SENNENTUNTSCHI, de Michael Steiner (Kontraproduktion AG)

STATIONSPIRATEN, de Michael Schaerer (Zodiac Pictures Ltd)

«Meilleur documentaire» (25000 francs à chaque nominé)

AISHEEN (STILL ALIVE IN GAZA), de Nicolas Wadimoff (AKKA Films)

CLEVELAND VERSUS WALL STREET, de Jean-Stéphane Bron (Saga Production Sàrl)

GURU - BHAGWAN, HIS SECRETARY & HIS BODYGUARD, de Sabine Gisiger et Beat Häner (Das Kollektiv für audiovisuelle Medien GmbH)

ROMANS D’ADOS 2002-2008, de Béatrice Bakhti (Troubadour Films)

UNSER GARTEN EDEN, de Mano Khalil (Mano Khalil)

«Meilleur court métrage» (10000 francs à chaque nominé)

DIE PRAKTIKANTIN, de Peter Luisi (Spotlight Media Productions AG)

LE MIROIR, de Ramon & Pedro (IDIP Films Sàrl)

LITTLE FIGHTERS, d’Ivana Lalovic (ZHdK Zürcher Hochschule der Künste)

MAK, de Géraldine Zosso (ZHdK Zürcher Hochschule der Künste)

YURI LENNON’S LANDING ON ALPHA 46, d’Anthony Vouardoux (Oliwood Productions)

«Meilleur film d’animation» (10000 francs à chaque nominé)

FEU SACRÉ, de Zoltán Horváth (Nadasdy Film)

HEIMATLAND, d’Andrea Schneider, Loretta Arnold, Marius Portmann et Fabio Friedli (HSLU Hochschule Luzern, Design & Kunst, Studienrichtung Animation)

LAND OF THE HEADS, de Claude Barras et Cédric Louis (Hélium Films)

MIRAMARE, de Michaela Müller (Academy of Fine Arts, University of Zagreb)

SCHLAF, de Claudius Gentinetta et Frank Braun (Claudius Gentinetta)

«Meilleur scénario» (5000 francs à chaque nominé)

COSA VOGLIO DI PIÙ, de Silvio Soldini (Vega Film AG)

DER SANDMANN, de Peter Luisi (Spotlight Media Productions AG)

LA PETITE CHAMBRE, de Stéphanie Chuat et Véronique Reymond (Vega Film AG)

«Meilleure interprétation féminine» (5000 francs à chaque nominée)

Isabelle Caillat, dans ALL THAT REMAINS, de Pierre-Adrian Irlé et Valentin Rotelli (Jump Cut Production)

Sabine Timoteo, dans SOMMERVÖGEL, de Paul Riniker (Hugofilm Productions GmbH)

Linda Olsansky, dans ZU ZWEIT, de Barbara Kulcsar (Plan B Film GmbH)

«Meilleure interprétation masculine» (5000 francs à chaque nominé)

Fabian Krüger, dans DER SANDMANN, de Peter Luisi (Spotlight Media Productions AG)

Andrea Zogg, dans SENNENTUNTSCHI, de Michael Steiner (Kontraproduktion AG)

Scherwin Amini, dans STATIONSPIRATEN, de Michael Schaerer (Zodiac Pictures Ltd)

«Meilleure interprétation dans un second rôle» (5000 francs à chaque nominé)

Carla Juri, dans 180°, de Cihan Inan (C-FILMS AG)

Martin Hug, dans HOW ABOUT LOVE, de Stefan Haupt (Triluna Film AG)

Stefan Kurt, dans STATIONSPIRATEN, de Michael Schaerer (Zodiac Pictures Ltd)

«Meilleure musique de film» (5000 francs à chaque nominé)

Great Garbo (Diego Baldenweg, Lionel Vincent Baldenweg, Nora Baldenweg), pour 180°, de Cihan Inan (C-FILMS AG)

Marcel Vaid, pour GOODNIGHT NOBODY, de Jacqueline Zünd (DOCMINE Productions AG)

Adrian Frutiger, pour SENNENTUNTSCHI, de Michael Steiner (Kontraproduktion AG)

*Thierry Jobin est membre de l’Académie du cinéma suisse