Culture

Si petits déballages

Le temps des séries TV.

Déjà 10 épisodes de Petits Déballages entre amis, la sitcom que la TSR montre le vendredi en début de soirée. Ou les déboires de célibataires en quête d'aventures pimentées, d'un éventuel grand amour ou d'un enfant, incarnés par quelques figures romandes, le toujours présent Laurent Deshusses, Barbara Tobola, Frédéric Gérard ou Marc Donet-Monet, nouveau venu dans la fiction TV. La chaîne définissait sa fiction ainsi: «Un regard sur la complexité des relations amoureuses, sur la difficulté d'aimer et d'être aimé, aujourd'hui, dans notre société. Quatre amis d'enfance, dans la trentaine, encore animés par l'insouciance d'une adolescence qu'ils essaient de prolonger indéfiniment, sont emportés dans les tourbillons de leurs vies sentimentale et professionnelle...»

Soit. Certains amateurs retrouvent peut-être avec plaisir un ton développé au fil des années par Yaka Productions, la société à l'origine de cette fiction de 24 épisodes en deux saisons. Il y a pourtant des ratés du moteur, comme un épuisement de la formule, signalant la fin d'un cycle. Les Pique-Meurons avait sans doute représenté le point d'accomplissement de ce système, une alchimie entre idée de principe, auteurs et acteurs. A ce titre, l'absence d'Alain Monney devant la caméra de Petits Déballages... se fait cruellement sentir, privant l'ouvrage d'une nécessaire dose de fantaisie, qui aurait délesté un peu l'humour lourd de l'ensemble.

J'écrivais dans ces colonnes qu'en termes de production Petits Déballages... représente une fiction d'ancien régime, puisqu'elle a été produite selon un modèle que la TSR s'apprête à renouveler. Désormais, la chaîne procédera par concours auprès des producteurs indépendants, qui assumeront une partie du risque financier (LT du 17.10.08).

En fait, il me semble que c'est dans son essence que Petits Déballages... relève de l'ancien régime. A force de dessiner des personnages clichés, les auteurs tournent à vide, remplissant des cases de dialogue sans laisser la moindre chance à leurs joyeux lurons de posséder un gramme d'intelligence, de substance, ou juste une petite facette attachante. Bref, ces petits riens qui émaillent une sitcom. On ne peut pas indéfiniment mépriser ses propres personnages, c'est la dernière morale de ce déballage.

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