Lorsqu’il entend dire que les «gilets jaunes» sont des fachos, François Ruffin s’éloigne de l’Assemblée nationale pour aller vérifier sur le terrain si l’accusation est fondée. Flanqué de son pote Gilles Perret, le réalisateur de La Sociale, L’Insoumis et autres documentaires engagés, le député de La France insoumise saute dans sa voiture et, le temps d’accrocher en exergue à sa quête une pensée de Victor Hugo, «C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches», part faire la tournée de quelques ronds-points de la France d’en bas.

Il est vite rassuré sur l’humeur politique des «gilets jaunes» qui bloquent le trafic, brandissent des panneaux et grillent des merguez dans le Grand Soir qui vient: pas de tentations frontistes, pas de discours haineux, mais des hommes et des femmes, des Nicolas, des Vincent, des Rémy, des Loïc, des Cindy, des Madeline, des Marie et des anonymes qui veulent vivre debout.