Musique

Phil Collins, retour en version débranchée

Trois mois après un mini-concert à Miami, le musicien britannique remet ça à Lausanne. Il sera vendredi à la Salle Métropole pour une performance acoustique dans le cadre d’un gala organisée en faveur de la Little Dreams Foundation

Il arrive en boitant, s’aidant d’une canne et s’excusant pour le retard. Polo sombre, jeans et casquette, barbe d’une semaine… Si on était dans la rue plutôt que dans un salon du Lausanne-Palace, on n’aurait assurément pas remarqué que cet homme de 65 ans, au physique passe-partout, n’est autre que Phil Collins. Soit un musicien et chanteur qui, d’abord au sein du groupe Genesis puis en solo dès le début des années 1980, a vendu plusieurs dizaines de millions de disques.

Mais voilà, le Londonien a ces dernières années connu de nombreux ennuis de santé, notamment une perte de sensibilité au niveau des bras et des mains ainsi que des problèmes d’ouïe, qui l’ont obligé à déclarer forfait il y a cinq ans, lui qui s’était fait connaître comme batteur avant de devenir chanteur. L’annonce de son retour sur scène, qui plus est à Lausanne, a donc de quoi surprendre. Cela valait bien une conférence de presse, qui s’est donc déroulée hier au cœur de la ville. Aux côtés de la star, son ex-femme, la Vaudoise Orianne Collins, née Cevey, avec laquelle il s’est récemment remis en ménage. Le couple, et leurs deux enfants, vivent désormais à Miami, même s’ils possèdent encore chacun une maison sur La Côte, à Féchy et Begnins, où ils ont vécu longtemps après leur mariage en 1999.

Lausanne, où tout a commencé

Elle aussi diminuée suite à une opération qui l’a laissée paralysée avant qu’elle ne retrouve l’usage de ses jambes, Orianne Collins est à l’origine du retour sur scène de son ex-mari et néo-amoureux. Après l’avoir déjà convaincu d’interpréter quelques titres en mars dernier à Miami à l’occasion d’une soirée de gala, elle a remis ça et choisi Lausanne puisque c’est en terres vaudoises, il y a seize ans, que le couple a créé la Little Dreams Foundation. Une structure qui s’est donnée pour mission d’aider les jeunes talents, qu’ils soient musiciens, sportifs ou artistes, à travailler à la concrétisation de leurs rêves. Vendredi soir, ils seront ainsi plusieurs jeunes chanteurs et chanteuses à se frotter au public, avec en guise d’invités spéciaux Amandine, révélation romande de la cuvée 2016 du télé-crochet The Voice, et le groupe américain What You Know, dont le batteur n’est autre que l’aîné des deux fils d’Orianne et Phil. Qui, lui, donnera un mini-concert acoustique entouré de quatre musiciens.

«La Suisse est un pays magnifique et important pour moi, j’en parle d’ailleurs comme un exemple dans toutes les interviews que je donne, en soulignant qu’il y a beaucoup à apprendre de ce pays, notamment en ce qui concerne le fonctionnement des bus», a d’abord rigolé un Phil Collins en mode détendu. Mais évidemment, la question que tout le monde se pose est celle de son éventuel retour aux affaires, et de l’enregistrement d’un nouvel album à l’heure où plusieurs de ses enregistrements solo ont été réédités. Réponse: «Avec le temps, j’ai appris que tout était possible.» Et l’Anglais de s’amuser du fait que ces récentes rééditions, qui vont espère-t-il lui permettre d’être découvert d’un jeune public, lui a valu plusieurs chroniques très positives dans la presse. «Les goûts changent», glisse-t-il alors, allusion à peine masquée aux critiques souvent sévères qui ont jadis souvent accompagné la sortie de disques trop lisses pour convaincre la presse musicale branchée.

«Si je veux un jour refaire de la batterie, il faudrait que je m’entraîne car j’ai de sérieux problèmes avec mon bras gauche. Je devrais m’y mettre…» Mais pour l’heure, Phil Collins, qui se dit à nouveau heureux après des années sombres, est en train d’achever une autobiographie qui devrait sortir cet automne. Ça lui a fait du bien de se replonger dans ses jeunes années, un peu moins de retracer son parcours musical, avoue-t-il. «J’ai une belle vie, et je ne veux en aucun cas repartir loin de chez moi pour de longues tournées. Mais si j’arrive à écrire de nouvelles chansons, peut-être que j’enregistrerais un disque…» Orianne, de son côté, ne promet que ceci: «Vendredi soir, il interprétera ses tubes!»

Soirée de gala en Faveur de la Little Dreams Foundation, vendredi 3 juin, Salle Métropole, Lausanne. Billets, dès 150 francs, sur www.ticketcorner.ch

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