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«Philharmonia», des fausses notes dans l’orchestre

La RTS a la primeur d’une série française sur l’ascension contrariée d’une cheffe d’orchestre. Les auteures veulent trop en faire, le propos se disloque

On ne perd pas de temps, au début de Philharmonia. Le postulat est posé en à peine quelques mesures de Dvořák, un soir de concert: victime d’une attaque, le chef s’écroule au pied de son pupitre. Mort. Pour lui succéder, dans un contexte où les dotations publiques sont remises en cause, le conseil d’administration de l’orchestre, non sans tensions internes, choisit d’appeler Hélène Barizet (Marie-Sophie Ferdane), musicienne prodige qui officie à New York. Et qui est donc une jeune femme, ça compte pour le marketing de la formation. Ses responsables la font venir en misant donc sur le fait qu’elle ne tiendra pas une semaine dans cet environnement hostile.

Mais elle s’impose, bouscule les musiciens, remplace le premier violon par une presque gamine, s’oppose de manière frontale au syndicaliste et au hautboïste ronchon. Par ailleurs, Hélène retrouve sa mère, malade et même délirante, ainsi que son père (Jacques Weber), souvent à son chevet.

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Tom Novembre en violoniste

La série française Philharmonia est dévoilée en primeur ce vendredi soir par RTS Un, avant France 2 le 23 janvier. Elle est créée et coécrite par Marine Gacem, réalisée par le Québécois Louis Choquette (Rumeurs, Mirador, Mafiosa). Elle bénéficie de quelques figures originales, dont Tom Novembre et Tomer Sisley.

Avec sa perspective d’intrigues au sein d’un orchestre, elle formule une jolie promesse. Qu’elle tient un moment, à ses débuts. La hiérarchie, parfois implicite, de la formation, l’organisation particulière des musiciens offrent quelques jeux de tension avec la nouvelle cheffe. Les auteures font le choix d’une Hélène forte, voire cassante, ce qui réduit le défi féminin du propos: elle ne lutte pas, elle écrase. Pourquoi pas? Cette option évite le cliché d’une sempiternelle histoire d’affirmation personnelle, seule contre tous.

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Une malédiction, du thriller et une vieille haine

Le hic est que les scénaristes veulent en faire dans tous les sens, ajoutant une touche de malédiction familiale qui sonne comme dans une saga d’été, et en plus une vieille et trouble haine face à un richissime mélomane qui veut financer l’orchestre. Le tout sur une tonalité tenant à peu près du thriller.

Philharmonia finit par perdre sa mélodie, et son propos. De surcroît, hormis le père, personne n’est attachant dans ce feuilleton de six épisodes. Surtout pas son héroïne, et pas non plus les protagonistes qui l’entourent. Cela pourrait constituer une originalité. C’est surtout la preuve d’un délitement du projet.

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