Philippe de Cuntreval. Le Clodôme. Ed. Clé de sel, 204 p.

Voilà un roman qui tombe à propos. Alors que les Suisses s'apprêtent à voter sur la recherche utilisant des cellules souches embryonnaires, il offre une parabole sur les dérives de la science. Le lecteur suit les mésaventures de Jahn, un sexagénaire soudain transporté dans une ville inconnue. Les habitants portent des noms curieux, se régénèrent dans d'étranges caissons, et surtout, ils sont tous pareils. Grâce à sa rencontre avec un aviateur bourru, Jahn découvre peu à peu la réalité glaçante de l'endroit, le «clodôme», fruit d'une longue évolution de la science vers le pire des scénarios. Le Clodôme, premier roman édité par une petite maison de Saint-Maurice, souffre de quelques maladresses, d'une écriture parfois appliquée ou trop explicite et d'un coup de théâtre final un brin téléphoné. Mais la fable est plaisante et atteint son objectif. L'auteur explique d'ailleurs qu'il tient surtout à «mettre en garde son lecteur». Bardé de diplômes, expert en sécurité nucléaire, Philippe de Cuntreval cherche à alerter l'opinion et manie le roman comme une manière de porte-voix. Une veine peut-être prometteuse, à l'heure où les choix éthiques s'installent durablement dans le débat public.